Traversée des Bauges contre le vent (par Jean-francois LARVOIRE)
, Traversée des Bauges contre le vent (par Jean-francois LARVOIRE)Météo15 km/h de sud en altitude.
Brises faibles en basses couche. Forte instabilité. Le récitAujourd'hui, sortie club du CE HP avec Gérald Delorme
comme guide. Rdv à Lumbin à 9h. La navette est pleine avec 7 pilotes, Gérald et le chauffeur. Gérald n'a pas volé depuis 4 jours (Une éternité pour lui), et il est encore plus en ébulition que d'habitude :- ). La brise à Lumbin est déjà très forte. Ici ça ne volera pas. Gérald nous emmène au Sire. Premier déco vers 11h. La convection commence à peine. Seuls les deux derniers à décoller arriveront à tenir un peu. On remonte au Revard pour une 2ème tentative. Au déco du Revard même c'est un peu travers droit. On se rabat sur le déco des Fermes. Séance de défrichage: Visiblement il n'est guère fréquenté! Deuxième déco à 13h30. Ce coup-ci les conditions sont bien installées, et tout le monde tient. Les conditions sont très instables. Légère tentance nord en basses couches, alors que c'est plutôt sud en altitude. Les plafonds ne sont pas très hauts, ce qui compliquera les transitions. On se regroupe devant le Revard. Petit coucou aux touristes. Et c'est parti vers le Semnoz! Début assez facile jusqu'à la Montagne de Bange. Mais la transition entre la Montagne de Bange et le Semnoz s'avère plus difficile que prévue, et quatre pilotes se vachent au pont de l'Abîme. Moi, je suis en queue de peloton, m'en sors de justesse, et arrive bon dernier au Semnoz. Gérald et les deux autres rescapés se sont posés au sommet pour attendre nos quatre naufragés qui remontent avec la navette redécoller d'ici. Coup de bol, j'arrive dans un bon cycle, et fais tout de suite 2100 de plafond. Gérald, qui me connait depuis longtemps, m'encourage à partir en reconnaissance vers le Roc des Boeufs, avec comme objectif de revenir au Sire par l'intérieur des Bauges. Je me retrouve tout seul. Transition tranquille, poussé par le vent. Ça raccroche facilement au Roc de Boeufs vers 1200m. Je suis rejoint par une meute de pilotes d'Annecy qui arrivent des Dents de Lanfon. Ça monte tout aussi facilement tout le long de l'arête... mais il y a un hic: Plus je monte, plus je suis contré par le vent de sud. J'annonce en radio que le plan de vol prévu est impossible, et qu'il vaut mieux continuer vers Annecy. En attendant que les autres décollent, je pousse la reconnaissance jusqu'au bout de l'arête du Roc des Boeufs, et là surprise: Un bon thermique me monte aux barbules à 2300m. Du coup je rechange d'avis: Le plan initial doit être faisable, je continue vers l'intérieur des Bauges. Transition accéléré à fond vers le Mont Chabert, contré par 20 km/h de sud. Je perds beaucoup d'altitude. Je me refais facilement dans du bleu, mais jusqu'à 1800m seulement. Tant pis, je pars vers le Margériaz, en me disant qu'en basse couche il y aura bien un peu de brise de nord pour m'aider. Toujours contré, je dois encore accélérer au 1er barreau. Coup de bol, en plein milieu de vallée, à l'aplomb du petit lac, une bonne pompe (d'où peut-elle bien venir!) me permet de reprendre 250m. Ils me seront bien utiles ensuite, car au pied du Margeriaz, c'est toujours sud. Zut! Heureusement, l'instabilité est là, et le soleil aidant, quelques pompes sous le vent me permettent de m'en sortir. J'annonce fièrement comment je m'en suis sorti... Et Gérald, enfin arrivé au Roc des Boeufs avec le reste du groupe, en conclut logiquement qu'il ne peut pas les emmener ici. Ils iront vers le col de la Forclaz et le Parmelan. Quoi! J'aurais fait tout ça pour rien? Alors que le bout des Bauges est en vue? Je n'ai jamais fait cette traversée, je ne vais pas rater l'occasion! Tant pis, bye bye le groupe, je continue tout seul, avec comme objectif de rentrer en vol jusqu'à ma voiture à Lumbin. Na! Au début tout va bien. Remontée assez facile de l'arête du Margeriaz. Il y a plein de planeurs. Je vois des chamois. Le rêve. Mais il y a toujours ce vent de sud qui gêne. Je n'arrive pas à monter notablement au dessus de l'arête. Au bout de l'arête, tout est à l'ombre. Je perds beaucoup d'altitude derrière la dernière épaule. Là je cafouille longtemps avant d'arriver à refaire le sommet. J'hésite à continuer, car les brises à la pointe sud des Bauges sont réputées fortes. D'un autre coté, l'aérologie est assez saine, et il y a des champs partout. Allez C'est reparti. Mont de la Croix; Pointe de la Gallopaz. Là la brise de chambéry (nord-ouest) devient prépondérante. Enfin Pic de la Sauge, où un thermique me remonte à 1900m, en décalant vers Monlambert. Feu vent arrière. Enfin! GPS à 60 km/h. L'euphorie ne dure pas longtemps: Les barbules que je visais au dessus de Monlambert ne donnent rien du tout. Tant pis, trop bas pour prospecter, et me sachant dans une zone peu propice à cette heure là, je continue vent arrière la traversée de l'Isère. Je vise la petite arête de Montraillant, qui coupe la Combe de Savoie en deux dans le sens de la longueur. Très vite je comprends que ça va être dur. Je suis bas. J'optimise le plané. Je vise un pré vers le chateau de Mont-Chabod, juste au pied de l'arête. J'arrive à 650m, à peine à 100m au dessus du pré. Et là le rêve se concrétise: La brise de Chambéry bute sur l'arête, et ça tient en dynamique. Petit à petit, je me refais, et pars le long de l'arête vers le sud. Je remonte progressivement à 1000m. Il y a des voiles à Allevard. Je me prends à y croire. Je fais 10km ainsi. Et puis au bout du Montraillant, il faut bien se rendre à l'évidence: Je suis trop bas pour traverser en sécurité vers Brame Farine. Là bas, il y a de la forêt presque partout. Les seuls champs posables sont traversés par une ligne haute tension. Tant pis, le vol a été beau, mais il s'arrête ici. Je pose après les dernière maisons de La Chapelle Blanche (lieu dit du Thouvard) à 18h30. 65km en 5h, ce n'est pas terrible comme moyenne, mais j'en garderai vraiment un super souvenir! © 1999-2011 le carNet, reproduction du texte soumise à l'accord du pilote et en citant le site le carNet.
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