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Le vol de Guillaume CHATAIN du 24/05/2014

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trace GPS2014-05-24-igcfile-78705-49617.igc
decollagesam, 24/05/2014 - 08:17 UTC
atterrissagesam, 24/05/2014 - 18:58 UTC
Plafond max2990 m
Vz max+4.7 m/s
Nombre de points de la trace12627
intervalle moyen d'enregistrement1 point/3s
Trous dans la traceOui, le plus long de 31s
cryptage FAIOK. signature = fly

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Astuces d'utilisation de la carte : ( visugps, une réalisation VictorB)

Plan B : tentative des 300 kils Aller-retour

Météo du vol: 

Bien bonne !!!
Très bonne instabilité
Plaf max 3000m
Quelques étalements enfin de journée, surtout au nord.
Léger vent de SO en altitude (>2500m), plus sensible dans le secteur d'Annecy

récit du vol: 

Ce matin, on est chauds-bouillant !!! Le RDV est donné à 7h00 à Grenoble  avec Sophie, Basile et Antoine, pour être prêt à décoller dès 9h00 au déco, si jamais les conditions le permettent.  Après une heure de marche à la fraîche, nous voila au sommet du Moucherotte, seuls. Il fait frais, une petite couche de givre/neige recouvre même le déco !  On se rend vite compte que ce ne sera pas aujourd’hui que nous décollerons à 9h00 ! Il a plu un peu cette nuit, il y a de l’humidité résiduelle et les plafonds sont très bas. De plus, il reste un petit flux de SO qui nous inquiète un peu. On espère qu’il ne va pas trop nous gêner. Du coup on temporise, ça nous laisse le temps de papoter, de grignoter, et de profiter du superbe panorama qui s'offre à nous, 
 
A 10h20, les barbules sont toujours sous le niveau de la crête (et donc du déco !), mais on est chauds, et on se met en l’air. On se dit que le plafond va mettre du temps à monter et qu’il n’évoluera pas trop d’ici à 12h00. La première demi-heure de vol est assez sportive. Le vent d’O/SO est bien présent et nous contre bien. Dès que l’on passe un peu au dessus de la crête, on « crabe » face à la falaise, et ce n’est pas du tout agréable !!! Dès que l’on est sous la crête, on est protégé et ça va beaucoup mieux ! Au passage du col de l’Arc, on passe un sale quart d’heure. Le vent s’engouffre et vient « dégeuler » sur les faces est. Un petit - 5m/s bien turbulent, le tout en crabant face au caillou, et hop, on se retrouve à mi-pente au dessus de Saint Paul-de-Varces, au niveau des barbules, car à cet endroit là, le plafond est très bas (1500m) !!! Que du bonheur ;-)
 
On continu à cheminer jusqu’au col  de l’Eperrimont, ou un bon groupe de parapentiste est prêt à décollé. On arrive au niveau de la forêt ! Là, si on continu, c’est le plomb assuré ! Demi-tour ! On gratouille dans les bullettes bien péteuses, et on fini par monter suffisamment pour accrocher le pied des falaises. A partir de là, c’est QUE DU BONHEUR (ou presque ;-). On change de masse d’air de manière très nette. Les thermiques sont bien plus installés, le vent de SO de nous gêne plus, et le plafond monte. On chemine jusqu’au mont aiguille, presque sans enrouler  entre 2200 m et 2800m. La facilité du cheminement nous permet de bien profiter du paysage, et dans le coin, c’est magnifique ! On croise également beaucoup de pilotes ayant décollé du Serpaton.
 
A la base, nous avions deux plans. Plan A : nous pensions, si possible, tenter un beau triangle en allant à l’est vers chez Antoine (col des limouches), puis vers Gap en passant par le Dévoluy, et enfin, monter tourner jusque dans le nord de Belledonne. Une fois arrivés au Grand Veymont, on se rend compte que les plafonds sont assez bas sur les faces sud du Vercors ainsi que sur sur le Dévoluy. On se dit que ce n’est pas aujourd’hui que ça le fera ! On se reporte alors sur notre plan B: un vol plus classique, un aller-retour en direction d’Annecy. Personnellement, je me dis que quitte à faire ça, autant en profiter pour  tenter de passer la barre symbolique des 300 km. Pour l’instant on est dans le timing, c’est tout à fait jouable !!!
 
*** On apprendra le ledemain que Thomas Puthot et Guy Parat, en décollant du Serpaton, on fait exactement le triangle que nous pensions faire !!! Joli les gars, couillu, nous on a pas osé !!!) ***
 
Sur le retour, on vit tous un grand moment de vol, une sorte d'orgasme aérologique collectif ! Le plafond dans la partie nord du Vercors, entre la Grande Moucherolle et le Moucherotte et toujours très bas (1900-2000m). On passe alors en ouest et grâce au vent, on arrive à prendre appui et monter au vent des nuages jusqu’à presque 2900m !!! (voir photos) On est une vingtaine de pilotes  à naviguer ainsi dans du coton, fleuretant avec les bordures des nuages sur plus de 20 km, le tout dans des thermiques très doux... MAGIQUE !!! Pendant ce temps, d'autres pilotes misèrent sous le vent en face est, 1000 m sous nos pieds :-(
A 2600m au Moucherotte (alors que la base du nuage est à 1900m !)…on aborde la transition sur la chartreuse plutôt sereinement !!!
 
Chartreuse : C'est FUMANT. Ca monte des briquettes, notament sur le St Eynard, ou l'on prend 800m sans enrouler juste sur les deux premiers tiers de la crête !  De tous les massifs traversés, je trouve que c'est en Chartreuse que la masse d'air était la plus homogène. Avec la compète B de St hil, c'est un peu l'usine ! 2600m au granier, on tranite serein sur les Bauges.
 
Bauges : Idem, c'est fumant, le Colombier reste fidèle à lui-même : 3000m de plaf ;-) Les conditions sont tout de même un peu plus étranges, on sent plus de vent, ls thermiques décalent plus, et ce sont les faces est (sous le vent ?) qui donnent le mieux.
 
Arrivé aux Dents de Lanfonds, c'est de nouveau l'usine ! Je suis toujours avec Antoine, on échange en radio, et on dédcide de se séparer. Lui préfère assurer le bouclage et fait demi-tour au Parmelan.  Moi je continu, car pour passer la barre symbolique des 300 km, il faut aller au bout du massif des Bornes. C'est plus risqué pour le bouclage, mais je tente, surtout que j’aime bien voler dans ce massif ! A partir de là , je ne croiserai presque plus aucun parapente jusqu'à la fin du vol !
 
Malheureusement pour moi, ce n’était pas forcément la bonne option, car même si ça avait l’air très bon depuis le lac d'Annecy, ça se dégrade vite,  et une fois arrivé au Jalouvre, de gros étalements se forment et tout passe à l’ombre. Je bifurque donc vers la Pointe d’Andey, qui est restée au Soleil. Je tente le retour par la bordure ouest du massif, mais je me fais violement contrer pas du vent (brise ?) de sud. 2 km/h face au vent, -3m/s…OK, je fais demi-tour. Je reviens broucouille sous la pointe d’Andey…un poil énervé. Là, c’est l’échec !!! Je suis un peu pris au piège au fond de mon trou ! Je n’ai  pas d’autre choix que de revenir par d’intérieur du massif, qui est maintenant bien à l’ombre.
 
A partir de là, pendant une heure, je vais appliquer la technique dite de « la fuite en avant » (c'est meilleur devant !!! ;-)) Au roc de Charmieux, à l’ombre, je zérotte, à l'endroit même ou j’avais pris une énorme mine quelques dizaines de minutes auparavant. Je tente le tout pour le tout en espérant un appui dynamique sur la face nord du Lachat de thône…Tentative infructueuse. Je cherche alors une hypothétique confluence entre les brises des deux vallée (je sais qu'il y en a parfois une, je l'ai même déjà prise lors d'une compète)...mais là, que dalle !!! Je n’ai plus d’autre choix que de traverser la vallée et me « jetter » très bas, au dessus de Saint Jean de Sixt. Là, je ne cache pas qu’à ce moment, malgré la beauté du paysage verdoyant, je suis quand même un peu tendu !!!
 
Je peine à remonter dans du thermo-dynamique  assez faiblard. Je perds patience et je me « jette » de nouveau dans la vallée de La Clusaz…toujours très bas. Là, ça comme à  être critique ! Je vise une petite combe, qui ne donne rien, du coup, je grille ma dernière cartouche, et  je me « jette » une nouvelle fois au fond d’un petit vallon pour une ultime tentative, en espérant trouver un appui dynamique salvateur, car là c’est clair que si ça ne monte pas ici, je pose !
 
J’arrive à moins de 50m/sol, j’ai choisi mon champ. Je suis tellement bas que je fais peur  aux chevaux !!! Le miracle s’accompli……bip bip bip…petit thermo-dynamique……sauvé !!!! YEEEEEEEEEEEEESSSSSS c’est ça la magie du parapente.
 
Retour Aravis – Charvin - Dent de cons - Grand Arc classique ! Le passage au sommet du Petit Arc enneigé, dans de l’huile, avec la lumière rasante, est juste splendide. En rase-motte, je suis à deux doigts (deux pieds) de poser un gros « barre-foot » sur la crête ;-)
 
A Chamoux, il est tard, mon plan foireux dans les Bornes m’a fait "perdre" presque 1h30 sur le timing, du coup  je sais que je ne pourrais pas boucler, mais ce n’est pas bien grave, j’ai tenté, je n’ai pas eu de chance. (n'empèche, ça passait, c'étais beau ;-)) Le principal, c’est de se promener !!! Je suis tellement content de m’être sorti de mon trou à La Clusaz que je savoure chaque minute restante en l'air, ayant presque la sensation de faire un second vol ! Je survole le QG de la coupe du monde qui commence juste, pendant la cérémonie d'ouverture. Je pense à tous ces tops pilotes qui on raté cette superbe journée juste pour faire leur inscription.....no comment !
 
La fin du vol est totalement inespérée !!!  Il est 20h00, le soleil commence à être très bas sur l’horizon (voir photos), je n’ai pas assez d'altitude pour traverser dans la vallée de huiles, qui est de toute manière à l’ombre. Je plane donc pour aller me poser à la Rochette, mais ça porte. A 200m au dessus de la ville, j’arrive à remonter un peu sur une petite butte en thermo-dynamique, et je reprends juste de quoi me jetter dans la vallée d’Allevard, qui est passée à l’ombre de Brame farine depuis un moment. Bon, ben feu alors !  Ca porte encore. Poussé par la brise, je vise l’attéro du lac en finesse…mais ça monte en restit’...je traverse alors le lac pour poser de l’autre côté (toujours très bas)…mais ça porte toujours…alors je continu en espérant pouvoir passer le verrou et glisser dans le Grésivaudan, grace au dynamique de la face nord du St Genis. Banco, ça monte !…juste de quoi basculer dans le Grésivaudan pour un dernier glide…trop booooonnnn ;-)
 
Les fins de vols qui se prolongent de manière inéspérée, dans une aérologie douce, après une longue journée dans la baston, sont toujours des moments de totale plénitude.
 
Posé à 20h50, après 10h30 de vol....la nuit tombe…quelle journée !!!
 
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Sophie pose au pied de la Savoyarde.
Antoine boucle et pose à St Martin d’hères.
Basile continu au nord, traverse le Chablais et pose au bout du lac Léman, en Suisse ! Il explose au passage son record perso de  distance...avec 245 kils...ça c'est bon !!!