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Le vol de Christophe PITELET du 21/05/2016

99-00 | 00-01 | 01-02 | 02-03 | 03-04 | 04-05 | 05-06 | 06-07 | 07-08 | 08-09 | 09-10 | 10-11 | 11-12 | 12-13 | 13-14 | 14-15 | 15-16 | 16-17 | 17-18 | 18-19
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trace GPS2016-05-21-igcfile-105612-84970.igc
decollagesam, 21/05/2016 - 08:50 UTC
atterrissagesam, 21/05/2016 - 15:21 UTC
Plafond max2955 m
Vz max+9.3 m/s
Nombre de points de la trace8846
intervalle moyen d'enregistrement1 point/2.7s
Trous dans la traceOui, le plus long de 475s
cryptage FAIOK. signature = xcs

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Astuces d'utilisation de la carte : ( visugps, une réalisation VictorB)

Mon 1er Dormillouse

Météo du vol: 

10km/h Sud, puis sud-ouest en basse couche.
10km/h Nord Ouest en altitude.
Thermiques bleus.

récit du vol: 

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Voilà enfin un WE qui s’annonce propice au cross. Grand beau, peu de vent, presque bien orienté, un poil stable mais ça devrait le faire.

 

Sans oser l’avouer sur un autre ton que celui de la plaisanterie, l’objectif est clair : Le fort de Dormillouse.

 

Un classique pour les crosseurs aguerris, mais un fantasme pour moi, qui n’ai encore jamais rejoint St André depuis Gourdon ou même depuis Bleine.

 

 

 

L’hésitation entre ces 2 décos nous fait perdre un peu de temps. Ça sera Bleine, mais les cadors sont déjà partis. Dommage c’est vivifiant cette émulation au déco.

 

Peut-être un mal pour un bien, ça peut aussi mettre cette pression qui pousse les crosseurs en herbe à faire un tas lamentable en sortie de déco (souvenir…).

 

11h en l’air. Cédric et Sylvain restent dans le bocal. Le vent d’ouest bloque le chemin classique par les Lattes. Benoit m’attend déjà à 2500m d'altitude pour partir vers le nord, vers l’inconnu…

 

Ce paysage qui jusque-là m’impressionnait par son engagement, me tend aujourd’hui de grands bras ouverts. Le mental est là, ça sent bon !

 

 

 

1ere transition sans encombre. Je vise une crête gouleyante qui me remonte direct à une altitude très confortable (Crête des Ferriers) ou j’attends Benoit en profitant sereinement de la vue.

 

Pendant qu’il oblique au sud-ouest vers soleilhas, je me crois malin de tirer droit vers la Bernarde, attiré par une carrière naturel en plein soleil qui ne peut que thermiquer…

 

…Ah ben non.

 

Comment ça la brise est dans l’autre sens ? Bigre ! Pas un courant ascendant à l’horizon, pas une feuille qui bouge. Me voilà au ras des arbres, glissant à la cherche d’un caillou salvateur mieux exposé, trop près du plancher à mon gout (amer)… c’est que j’ai pas du tout envie de redevenir une vache !! Et Benoit qui passe 1000m plus haut, en direction du pic de Chamate… Solitude quand tu nous tiens…

 

Pas question de terminer l’aventure si tôt. Je me rabats sans perdre de temps sur l’option de mon binôme : la falaise de soleilhas, qui fonctionne à merveille !

 

Le plancher s’éloigne, les vaches aussi.

 

Les planeurs se rapprochent, le pic de Chamate aussi.

La course est repartie !
 

 

 

Le  1er record tombe dans la foulée, rallier St André les Alpes : check !

 

 

 

Je retrouve brièvement un monde connu, la crête des cerfs n’est qu’une formalité. Alors qu’on s’apprête à sortir du thermique pour continuer l’aventure, les ailes restées sur la crête en contrebas me rappellent le chemin parcouru pendant bientôt 3 années de parapente: ya pas longtemps c’était moi à leur place, à rêver en regardant les crosseurs passer loin au-dessus. Sentiments de fierté et de liberté se mélangent… Yes !

 

La brutalité du thermique suivant me sort de ma torpeur, et fait apparaitre les 1er signes de fatigue. Oh punaise, bien sûr c’est l’heure de ripailler ! Zou une barre de fruit confit sur la transition vers le petit Cordeuil.  Arrivée sur Cote Longue, 2eme erreur, sans gravité : je m’avance trop pour chercher le thermique, alors qu’ya qu’à prendre l’ascenseur au début de la crête, alimenté par la brise de vallée devant Thorame Basse. « Merci Benoit pour le conseil, bouge pas, j’arrive ».

 

 

 

Voilà qu’on s’approche de la dernière frontière du monde connu. On quitte Cote Longue confortablement à 3000m d’altitude, en direction de la Tête de l’Estrop. Je suis excité comme une puce. La conséquence est immédiate : un besoin naturel que seul le « nouillilex » me permet d’assouvir. Géniale invention, tant pis pour les oiseaux.

 

Les vallées sont profondes, caillouteuses, perdues, et surement ventues. Mieux vaut rester en l’air dans ce coin, mais je suis confiant, ça thermique bien.

 

On raccroche sans encombre la crête de la délivrance, qui monte vers le nord-ouest, plus besoin de chercher les thermiques. Le St Graal est à portée de stabilo: Serre-Ponçon, Dormillouse ! Ya qu’à suivre tranquillement le relief en profitant du paysage… à condition de bien se placer ! Très satisfait de ma hauteur au-dessus de la crête, toutes les voiles qu’on croisent évoluent pourtant + bas et + au vent. Bizarre…

 

Il me faudra une bonne grosse fermeture asymétrique pour comprendre qu’un vent mesquin débarque de derrière, et vient danser avec la brise façon machine à laver.

 

Oh punaise pas de panique t’as du gaz… touche pas au frein… le poids du corps à gauche… la voile devrait se remettre à voler…


J’ai dit : « revole » !
 

 

Mais tu vas revoler vieille bourrique !!!!

 

 

Pourquoi elle reste DEVANT moi ?? Mais dis donc, tu serai pas un peu en spirale !? Ah forcement, ya une grosse cravate à droite. Misère !

 

Vite accroche toi comme une moule a l’élévateur gauche avant que ça parte en autorotation. Bon, ça dégrade a mort, mais au moins ça vole droit.

 

Plus qu'à défaire la cravate... Ouf, tout va bien.

 

Sur ce, la radio se réveille : « On est a dormillouse ! Il est tard, demi-tour on rentre ».

 

Ola noble binôme, fi ! Laissois-moi donc reprendre un rythme cardiaque décent, profitoyons de cette magnifique vue sur le lac de Serre-Ponçon.

 

 

 

Record n°2, rallier Dormillouse : check !

 

 

 

Je serai bien resté zoner par là. Voir même poser à St Vincent les Forts, pour toucher concrètement l’objectif et en profiter plus longtemps.

 

Mais bon, faire le retour c’est quand même plus classe, et ça permet de repousser un autre record : le temps de vol, pour l’instant égalé à 4h.

 

Un dernier coup d’œil à ma victoire, et c’est reparti. Le vent de face nous pousse à utiliser l’accélérateur. Pourtant même loin de la crête, une nouvelle fermeture frontale me convainc d’utiliser le barreau avec moult parcimonie !

 

Du coup les kilomètres défilent moins vite. Mais le vol est agréable, on suit tranquillement les reliefs. La fatigue me fait sentir tout petit entre les longues vallées à droite, et le paysage escarpé des Alpes à gauche, comme une fourmi qui rentre patiemment au bercail après une dure journée.

 

Benoit opte pour Cote Longue comme à l’aller. Pas la force d’improviser, mais j’aurai bien tiré tout droit sur la crête plus à l’est, dont le sommet plat forme un ruban vert qui serpente jusqu’à Thorame-Haute. Une passerelle de verdure immense et fort accueillante, bordé par des à-pics. Un jour je m’y poserai pour bivouaquer.

 

Pour l’instant la mission c’est de poser à St André les Alpes. Le retour jusqu’à Bleine est tentant, mais pas raisonnable vu mon état de fatigue. Un dernier plein sur le grand Cordeuil, en laaaaarge cercles pour épargner mon cœur qui n’arrive plus à suivre les ballotements incessants. Puis la dernière longue glissade jusqu’à l’atterro, nous laisse apprécier ces lieux connus qui ont ce soir une saveur toute particulière.

 

 

 

Record n°3, + de 6h de vol : check !

 

 

 

On a réussi ! Ensemble du début à la fin. Je laisse échapper un cri de joie juste avant de poser.

 

La place est maintenant libre pour un nouveau rêve !

 

Le refaire avec les copains, Sylvain et Cedric…

 

Boucler depuis Gourdon…

 

Continuer loin vers le nord comme les cadors partis plus tôt…

 

 

On verra + tard. C’est l’heure de savourer !