Le vol de Romain GABILY du 19/07/2019

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trace GPS2019-07-19-igcfile-237450-185905.igc
decollageven, 19/07/2019 - 09:16 UTC
atterrissageven, 19/07/2019 - 18:20 UTC
Plafond max3586 m
Vz max+10 m/s
Nombre de points de la trace32599
intervalle moyen d'enregistrement1 point/1s
Trous dans la tracenon
cryptage FAIOK. signature = xct

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Astuces d'utilisation de la carte : ( visugps, une réalisation VictorB)

Recit pour mon vol de 182.56kms du 19/07/2019

récit du vol: 

Quelle aventure aujourd’hui ! Des vols comme ça, j’en veux toute ma vie…Vent secteur Sud Ouest annoncé , forcissant en fin d’après-midi.Objectif FAI 150 à 200 km, inspiré des vols de Guy Parat et Pierre Hanoux mais en plus petit, allons-y doucement, on découvre le secteur !Je ne connais qu’environ 30% de ce vol, à savoir la branche jusqu’au Grand Veymont puis le secteur des Richards.Je prends la Spice car marche d’approche assez longue et objectif vol de groupe avec Gary en Sigma 10 donc pour voler au même rythme, de plus il faudra plutôt être agile pour sauter de croupe en croupe et travailler des thermiques qui décalent, la Spice est géniale pour ça. 10h au déco, bonne brise mais aucune barbulle, ni au-dessus ni sur la Chartreuse… et grosse inversion 200m sous nos pieds !Prudence, patience, on profite du paysage et on décolle vers 11h.Une pointe vers l’Est pour se faciliter le bouclage ce soir au cas où on arrive à rentrer au Gua, « la branche de l’optimiste ».Vercors bien généreux mais on sent déjà le Sud Ouest dès qu’on sort la tête au dessus des crêtes.Les voiles qui ont décollé du Serpaton ne parviennent pas à sortir, on a bien fait de décoller haut. Appliqués au Grand Veymont, on prend le temps de travailler jusqu’à surfer au vent du nuage à 2500m, départ en direction de Die pour le premier passage délicat du vol, un peu contré par le Sud-Ouest mais de jolies barbulles sur le plateau nous promettent un joli relais pour traverser le parc du Vercors au-dessus de 300 m/sol. Malheureusement, la première partie nous appuie énormément, perte de 500m pour parcourir 2 km… finesse 4, nous voilà piégés à 200 m/sol mais faire demi-tour nous ferait vraiment descendre trop bas sur le parc, voire y poser… on avance encore de quelques mètres, vertical du sentier de randonnée déjà bien fréquenté en ce samedi de vacances scolaires, pour enfin trouver le relais que l’on visait et ressortir rapidement au-dessus de la limite autorisée. Très surpris par ce taux de chute, on avait pourtant bien préparé le vol et on s’était appliqués à soigner le plafond au Grand Veymont, j’espère que ça passera quand même à la CFD avec tolérance, et sinon… bah on a toute la vie pour réessayer ! Le raccrochage des faces Sud est exceptionnel, elles nous tendent les bras avec au moins 30 vautours fauves qui nous balisent tous les thermiques du coin. Hallucinant, une telle concentration et des envergures impressionnantes, je me demande si c’est pas aujourd’hui le festival de la plume de Die !On démystifie une à une les transitions longuement observées sur les traces de nos prédécesseurs, merci à Guy, Pierre et autres habitués du coin, et merci l’open data ! Point de contournement de Die fait, on s’applique au retour pour traverser la prochaine bande de GP Vercors bien au-dessus de 300 m/sol. Un décalage de rythme se créée entre Gary et moi, on ne passe plus par les mêmes thermiques mais le chassé-croisé est génial ! C’est même encore mieux car tu voles librement, tout en ayant la présence du pote pas loin qui gonfle le mental, surtout en contrées inconnues… en plus ça occupe en transition de regarder le copain enrouler des missiles… car oui ici on entend déjà l’accent du Sud ! premiers champs de lavande, +5m/s intégré sur 30 secondes, qui nous permettent de maintenir tout de même une moyenne de 20 km/h malgré les transitions difficiles à cause de la tendance Sud. Vivement Ancelle, qu’on se laisse enfin remonter par le vent. Le secteur de Lus la Croix Haute, avec les cols devant la Tête de Garnesier qui marquent la frontière entre la Drôme et les Hautes Alpes, me fait un peu souffrir car je mets du temps à comprendre l’aérologie locale. Je ne trouve pas d’appui en brise, suis contré et obligé de contourner par la droite et m’engager dans un canyon peu inspirant, rien pour poser, forêt dense… A mon point limite de demi-tour pour en ressortir et aller vacher à Lus la Croix Haute, je vois 100 m devant moi 2 vautours qui enroulent, cadeau du ciel. Je me jette sous leurs plumes et ressort de cette combe pourrie, après documentation il s’agit du col de Pré Pinel. Quel coup de chance d’avoir eu les oiseaux, dans un tel moment je me dis que j’ai été aidé et me demande par qui ils m’ont été envoyés… ému aux larmes, je ressors sur les crêtes dans du couché de chez couché et fonce à présent vent arrière sur un massif lunaire… bienvenue au Pic de Bure, Super Dévoluy ! Je l’attaque assez bas par un énorme pierrier « blanc de blanc », en soaring doucement jusqu’à trouver le bouchon de champagne Ruinart. Catapulté au nuage à 3500 m sur le Pic de Bure avec les planeurs, et le Gary qui me rejoint, génial ! Il a volé un peu plus doucement mais a mieux bétonné les plafonds, bien joué ! Trop content de se retrouver, même si malheureusement il n’est plus en radio, ce qui nous coûtera la fin de vol ensemble. Superbe vue sur Gap à droite et le Dévoluy à gauche, au loin devant moi l’Autane, prochain objectif…ça fait du bien au mental de reconnaître quelques montagnes, surtout après deux heures à traverser des nouveautés dans une aérologie « pour adultes ». Grâce à un cheminement malin aux barbulles je me place bien en sortie de massif à 3200 m mais il est 16h30, ça fait quand même tard, mauvais temps de passage, du au fait qu’on a préféré attendre 11h pour décoller (et je pense que c’était le bon choix) et qu’on a un peu galéré face au Sud… je commence à penser que le bouclage va être compliqué mais j’ai trop envie de découvrir cette partie de vol de plaine, et me dis qu’au pire je remonterai au maximum vers le Nord et que ça aura déjà fait une superbe découverte. Gary lui, préfère attaquer la remontée, ce que je comprends car j’ai aussi hésité. Bon là d’un coup, on se sent bien seul au-dessus de la plaine ! Le raccrochage sur la petite montagne au nord de la Rochette se fait bien, mais ici la brise lèche le relief sans déclencher de thermique, en tout cas je n’en trouve pas. Je me jette derrière en visant le décollage d’Ancelle, où des voiles sont étalées. Ça ne raccrochera pas sans relais, je vise bien les zones de contraste en entrée du village de Saint-Hilaire, et trouve un thermique salvateur, qui dérive fort et me permet de raccrocher les pentes où 2 biplaceurs se préparent… ouf, sauvé ! Je pinaille un peu autour de la petite Autane avant de réussir à en sortir proprement, et je peux enfin attaquer le retour dans le vent, il est 17h c’est pas gagné ! Heureusement je connais le coin depuis la compétition des Richards au printemps, de plus les plafonds sont encore au-dessus de 3000m, je m’applique à y monter dès le premier thermique car je me dis : plus tu es haut, plus tu seras poussé par le météo.3300 à La Prouveyrat, 3200 au Chaperon, 3300 au Grun de St Maurice, 2800 à Notre Dame de la « Sellette » :-D, le tout à 50km/h bras hauts, enfin une belle branche efficace ! Et magnifique balcon sur les Ecrins ! La moyenne remonte mais j’arrive dans un secteur piégeux, au-dessus de Valbonnais la remontée sur le Coiro est assez difficile donc je m’écarte sur la gauche pour passer une ligne de Crête mais erreur, je suis méchamment sous le vent !! La lecture de terrain me faisait croire que j’étais bien au vent mais non, en fait c’est la vallée de derrière, Oris-en-Rattier, qui prend le dessus. C’est malheureusement ce qui coûtera le bouclage à Gary, qui avait raccourci le triangle sans faire la point à Ancelle mais qui malheureusement raccroche trop bas ici.Je me cache sous le vent et passe le col à 2m/sol, puis pinaille un moment de l’autre côté avant de ressortir de cette combe. Dommage, j’ai de nouveau perdu 30 minutes sur ce secteur alors que la moyenne remontait bien ! La suite se passe mieux, 2500 sous la Pyramide, la base des cumuls est toujours à 3000+ mais fin de la convection, je ne pourrai plus les rejoindre aujourd’hui… Un point de contournement au Nord vers Chamrousse, je suis sous la station à 1300 m, demi tour pour me rapprocher le plus possible du Gua sans espoir de boucler, il me reste 13 km à parcourir. Mais magie du soir, la restitution est bien là donc je gratte chaque mètre possible et les km défilent vite, légèrement poussé par les miettes de brise !  Je parviens même à passer le col entre Vizille et Champ sur Drac avec une branche magique à 20h15 dans une masse d’air qui me fait flotter à -0,5 m/s, avec coucher de soleil qui disparaît derrière les crêtes du Vercors. Au final ça fait les 13 km en consommant 1000m, une belle fin de vol à 13 de finesse ! Triangle bouclé pour quelques mètres, en allant chercher le coin du dernier champ posable avant une lisière de forêt. J’ai l’impression d’avoir traversé 5 pays tellement les paysages furent diversifiés, et suis passé par toutes les émotions que notre sport peut nous procurer… Ce vol est assez technique, mais quel potentiel sur ce parcours ! Très content de l’avoir réussi, et pressé de le retenter une prochaine belle journée en volant plus vite pour aller étendre le triangle du côté d’Allevard le soir, et cette fois je l’espère, boucler à la voiture !  

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