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Les récits de vol : story=1155

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Titre du volFeu vers le Nord
nomThierry CHAUVIRE
Zone de volDu sud vers le nors
Type de volDistance avec 2 points de contournement
Date du vol19/08/2009
distance142.10
Dep05
texte« Feu vers le Nord ! »

« Rendez vous 12:00 aux Richards, alerte planeur 1000km, plaf annoncé 4500 ! »
« Non non, c’est trop tard midi ! On laisse une bagnole à greu»
Bataille d’experts entre Fred de Gap et Thierry Hubert de Grenoble qui connaissent ce départ de cross. Il faut partir tôt, de toute façon la brise devient vite forte et empêche tout décollage sur ce petit site près d’Orcières.
Les Thierry (Hubert et moi) décident d’y être à 11:00, quitte à attendre ce brave Fred si cela ne donne pas encore.
Mais, Fred est à l’heure, trop fumante cette journée pour la laisser passer.

Je ne connais pas Les Richards, à part comme balise lors de la compétition d’Orcières. Petit topo rapide de Fred : « Prend tout ce que tu peux pour t’extraire, tu passes la petite arête et bat toi, ce cross commence par un point bas … ». Effectivement, sur les deux voiles parties il y a cinq minutes, seule une ressort péniblement…
On ne traine pas, ça bourgeonne déjà vers Embrun et le lac. Allez feu, on se met tous les trois en l’air, la brise n’est pas bien forte mais cela devrait être suffisant, il est 11 :30. Faut bosser près du caillou et bien optimiser mais cela sort assez facilement, et nous enroulons enfin les premiers thermiques de la journée.

Fred avance très vite, et Thierry Hubert a plus de mal pour faire le plafond : Une demi-heure de vol et on est déjà séparé… Je ne connais pas trop le cheminement à prendre, je décide de suivre Fred…
Dans la transition du Cuchon vers le banc du Peyron, j’arrive 100 m sous Fred qui enroule en face ESE… « Surtout pas en face Ouest à cet endroit, c’est trop tôt », je me souviens de son conseil et reste de ce côté, mais cela devient vite scabreux, pas de doute je suis sous le vent d’un truc pas gentil, faut pas rester là sinon je vais jusqu’au sol. Fred me donne des conseils à la radio, mais cela me déconcentre plus qu’autre chose. Je fais un demi-tour et m’avance (recule …) pour échapper à cette descente infernale et je vise la crête du Cuchon (d’où je viens !)… J’y arrive très bas dans la brise qui maintenant est installée, je bataille et trouve le thermique salvateur au fond qui me remonte à 3500m.

Je viens de perdre ¾ d’heure et pas moins de 4 kms sur l’itinéraire, mais j’aperçois Thierry Hubert qui a passé ce verrou, et cela me remotive pour tenter à nouveau ma chance. Au moment où j’aborde le sommet vers 3300, je fais une demi-aile : Vraiment pas accueillant ce coin à cette heure.

Ouf, j’ai un guide pour continuer ce périple.

Je lui laisse l’initiative. Nous balisons assez facilement les thermiques généreux, je fais même 4097 sur le Grand St Maurice en quittant le nuage… cela monte surement plus haut me dis je, mais il faut allez de l’avant.
D’ailleurs mon guide va plus vite que je ne pensais, sur Entraigues il me surprend à partir si bas sur Le Coiro, j’ai 300 m de gaz de plus et j’hésite… Je le suis, il connait ce passage. Presque facile, on traine un peu, et très rapidement on est au nuage. On ne le quittera plus jusqu’au Taillefer, quasiment jamais en dessous de 3000 m d’altitude. Mais au sud, le ciel explose et une nimbe nous poursuis…
On survole la station, mais rien de bien évident pour s’élever, c’est bleu devant. Je suis un peu chez moi ici, même si j’ai fait l’Aller-Retour Allevard/Chamrousse pour la première fois il y a seulement quelques jours.
Je reprends l’initiative, bifurque vers l’est en suivant Belledonne: Grand Colon qui donne bien sans effrayer, simple et évident jusqu’au col du Merdaret. Mais la nimbe se rapproche –elle est sur l’Oisans- il faut choisir entre avancer ou faire un plafond plus confortable… J’avance…

Trop vite !, après Fond de France, plutôt que de chercher à rester sur les hauts reliefs (un pilote parti de Chamrousse y est tranquillou d’ailleurs), je me fais surprendre sous le vent de l’Arpette. Grosse dégueulante, grosse abattée près du sol… Me voilà dans la Combe Madame à lutter contre la brise… Pas question de lâcher, j’en ressorts heureusement vite pour filer sur le Grand Charnier que je connais bien.
Le thermique de service est là pour monter à 3000m et plus encore, mais c’est vraiment inquiétant ce ciel au sud… Direction les Grands Moulins, j’aperçois mon guide qui arrive juste derrière moi.

Valpelouse donne bien, à cette heure, mais il est quelle heure ? Je ne vois pas l’heure sur mon GPS, j’ai du toucher un bouton qui fallait pas, 17:00 ? Je me fixe 3000m pour passer la vallée des huiles tout droit, et à 3100m je quitte le thermique pour filer vers ChampLaurent en regardant la distance GPS du point de départ… 90..91..92 … Je vais enfin passer mes premiers 100 kms, si ce n’est déjà fait vu la trajectoire de ce vol.

Chamoux n’est pas généreux, un appel radio pour avoir des nouvelles des camarades ? Ca grésille, doivent pas être bien loin… en fait Fred arrive vers Les Saisies et mon guide est dans la vallée des Huiles. Je me tâte ? 100 bornes c’était mon objectif, alors je parts de Chamoux en direction d’Aiton à 2100m…

Et je photographie cet instant magique ! Le GPS indiquant le chiffre rond de 100 !
J’arrive bas, bas, bas sur la crête qui monte au Petit Arc….
Mais ça monte, je vois deux ailes au dessus… La nimbe est sur Belledonne et commence à prendre la Maurienne, mais c’est encore clair sur Albertville.
Bon, ben, je continue...

Grand Arc, la crête, des voiles décollent des chalets de l’ Ebaudiaz pour un vol du soir, il doit être tard mais c’est encore très bon, très large sans surprise, très agréable après ces heures chahutées !

Je m’avance jusqu’au bout, avant la Tarentaise, petit appel radio « Fred t’es dans le coin ?» Pas de réponse. J’aperçois des voiles sur les Saisies. Le téléphone qui vibre deux fois dans la poche, mais il y a trop de couches de vêtements pour l’atteindre… Un souvenir de récup laborieuse dans le Beaufortin… La nimbe s’est arrêtée à l’aplomb des Hurtières… La luminosité est étonnante, comme dans une couche d’inversion, un brouillard laiteux a envahi la vallée.

Allez, je rentre ! Retour sur Aiton, je ne cherche pas à monter, je survole Chamoux désert et vise la Rochette.
Je pose dans un énorme champ, juste avant Villard-Léger, contré par la traditionnelle brise du pays, il est 19:00.

En face, de l’autre côté de cette petite vallée, c’est Beton-Betonnet, ou vivait Jean-Pierre (Hachette Agile) qui m’a vendu cette UP Trango3 : Je lui dédie ce vol.

Vol de tous les superlatifs : Mon plus beau plaf >4000m, mon plus long vol >7 heures, ma plus belle distance >140kms.

Et comme dans tous les cross : « Bon, ben on va rentrer maintenant… »
meteoPlafond au delà de 4000 m, 4500 annoncés
Léger vent de sud.
Formations orageuses sur Gap gagnant le nord.