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Les récits de vol : story=1437

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Titre du voltrop petit
nomLuc ARMANT
Zone de volalpes du sud
Type de voltriangle FAI
Date du vol21/05/2011
distance245.89
Dep06
texteLe brave Pierre fait fumer son 4x4 sur les pentes nord du Cheiron pour nous monter au Jérusalem qu'on soupçonne être un très bon départ de cross. On pensait arriver tôt pour avoir le temps d'admirer le paysage mais la brise est déjà bien installée.
Les prévisions plus que prometteuses, bien qu'à la limite de l'instabilité, nous ont bien excité depuis la veille. Chacun y est allé de ses projets mais en gros, on va utiliser l'évolution des flux en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre, donc en filant d'abord vent de cul vers Moustier. Tout juste le temps d'activer la route dans mon GPS avec 3 balises pour l'éventuelle homologation d'un record du monde FAI (Gréolières les neiges, Oraison, lac d'Embrun), environ 250km.
Décollage très tôt, 9h40 avec des crêtes déjà suffisamment actives pour faire un petit zig zag entre une balise Bd et la B1 plus à l'est, pour le projet CFD.

Tout se passe comme sur le plan jusqu'à Moustier, en prenant le temps, à plusieurs, histoire de bien laisser le temps aux conditions de s'installer sur la plaine à l'ouest. Mes camarades préfèrent ne pas trop s'aventurer dans la plaine, je vais seul le long du bord nord du plateau de Valensole qui commence tout juste à s'allumer. Quand j'arrive vers le bout de ma ligne active, ma balise d'Oraison ainsi que le plateau au nord reste toujours dans le bleu sans aucun signe de thermique. Hésitation. Je fais mine de faire demi-tour en laissant tomber Oraison, tout en continuant d'y jeter un oeil.
Une barbulette ! je me décide, je reviens sur Oraison. Je me juge trop bas pour aller chercher la balise sans risquer de sombrer dans la stabilité et me contente de la petit ascendance trouvée en chemin, tant pis pour le record FAI, l'important étant quand même de se faire plaisir et de rester en l'air. Je travaille lentement des bulles à l'agonie en remontant les rives de la Durance en direction de Saint Auban. Aucun thermique ne me sort vraiment mais par bonheur je récolte de super bonnes finesses qui permettent d'aller pêcher un thermique de raccrochage au ras basses crêtes, aux pieds sud du massif des Monges.
Les Monges sont une formalité agrémentée de beaux vario et beaux joufflus. La tournure du ciel m'incite à accélérer la cadence. Il est 14h30, jusqu'à maintenant les congestus se sont toujours dégonflés en donnant de petites averses mais il reste 2 ou 3 heures critiques où tout peut encore basculer. Au Morgon, bien que je sois encore largement dans les temps de mon projet, je décide de zapper la balise du lac d'embrun qui me coûterait une quinzaine de précieuses minutes alors que le ciel du retour semble être en train de fermer ses portes pour de bon.
J'avale la Blanche en étant contré et avec beaucoup d'ombre, ce qui m'empêche d'accélérer autant que je voudrais. Hésitation à la hauteur du Tromas: Hautes crêtes complètement dans les ténèbres mais à l'abri des brises de sud ou Bléone où persistent un peu de soleil. Je choisis les Hautes Crêtes car elles ne m'ont jamais fait défaut en appui dynamique, soleil ou pas, et je crains les brises dans le nez si le soleil venait à disparaître complètement. Nouvelle hésitation pour la Chaux où un peu de soleil passe dans une trouée, mais je préfère quand même revenir sur un appui sûr et travailler la conflue du col de Vachière. Remonté au col, je constate les dégats: le Cordeil est à peine visible à travers les averses, il va falloir faire un détour par le Cheval Blanc pour un passage par la Sapée encore un peu éclairé. Malheureusement, le temps d'arriver sur Cheval Blanc, le front de précipitation a gagné du terrain et une grosse averse tombe sur la Sapée. Je vois un planeur arriver la queue entre les jambes très bas dans les pentes obscures du Cheval Blanc, ça finit de me persuader de ne pas tenter l'affaire et de prolonger mon détour vers la Montagne de Coupe. J'arrive sur Coupe avec un peu d'avance sur les congestus qui continuent de se souder. Je suis en plein sur le bord actif du bazar, ça transite superbement, heureusement car il n'y a plus de vraies ascendances thermiques. Je prends de fines pluies et m'estime heureux en voyant les colonnes d'eau qui tombent à qq km plus à l'est.
Je m'applique à rester en contact avec le bord actif mais finis par dégringoler un peu vers Barrême. Avant l'Aup, le nuage est noir, lourd et au bord de l'effondrement. Il est tout juste encore temps pour y monter et je m'y colle alors qu'il est dans cette entre-deux où il porte encore un peu sur le bord actif tandis qu'il commence à précipiter de plus en plus. Ça s'écroule plus franchement sur ma gueule au niveau de l'Aup (ma R11 vole bien sous la pluie) mais je suis de toutes façon tiré d'affaire car assez haut pour atteindre l'appui du Crémon encore au soleil. J'y remonte assez pour aller taper la face ouest du Teillon. S'y trouve de gros vario que j'enroule jusqu'à l'os en jurant soudain « prends ça dans ta gueule », après 8 heures de concentration silencieuse, sans même vraiment comprendre à qui je m'adresse. Je suis satellisé à 2800m avec un ciel de rêve vent de cul qui s'étend jusqu'à Gréolières. Il n'est même pas 18h.
Par simple bonheur de retrouver de vrais thermiques, j'enroule les plus gros vario, mais une fois au plaf au col de Bleyne, je réalise qu'il faut cramer 1000m pour passer sous la TMA6 afin d'aller boucler. Je m'y attelle à l'accélérateur debout dans la sellette, en marge de la zone d'ascendance. Je tarde quand même a descendre et quand j'arrive enfin sous la TMA, je suis un poil trop à l'est pour prendre le bon axe de passage vers le sud du Cheiron. Je fais donc mon bouclage prévu dans les faces nord, la mort dans l'âme de ne pas avoir rejoint les faces sud sans doute encore assez actives pour aller ajouter une bonne dizaine de km à mon triangle vers l'est.
Il n'est que 18h, ce triangle est donc trop minuscule bordel !
meteoflux de nord-est faible