Les récits de vol : story=204

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Titre du volVOL 4087
nomLaurence VIARD
Zone de vol06/04
Type de volDistance avec 2 points de contournement
Date du vol22/02/2003
distance110.00
Dep06
texteVOL 4087



Date : le 22 fevrier 2003
Distance libre : 118 km
Durée de vol : 6h00
Altitude départ : 1100 m
Plafond max : 2700 m
Gain : 1600 m
Vario max : +7
Voile : Bagheera
Régions : Gourdon/Selonnet



Ce matin là, je ne sais pas ce qui m’a fait changer de
destination au dernier moment ? ?Ma bonne étoile ?
Après une « analyse » météo : SE faiblissant, réchauffement
sensible sur la côte et
plafond à 3000m la veille, dans les Alpes, avec 10km/h de
SE. Je propose à mes copains de vol de partir du Col de
Bleine pour tenter un cross nouveau (pour moi) Bleine/Digne.
Je pense que par S/E c’est l’itinéraire idéal car c’est
avec ces conditions que j’avais réalisé l’an dernier St
André/Aillaud, en passant par Digne.
Au moment d’embarquer, je change de décision pour Gourdon
comme aérodrome de départ.
Je préfère assurer un vol pour tout le monde car Bleine
n’est pas un site « facile », les « tas » y sont
fréquents ! !
Gérard arrive en retard, son Chevrolet se traîne, la balise
forcie (S/E 20/40 à Gourdon et 30/50 au Lachens), le
décollage est compromis…
J’houspille Gégé et son 4x4 en lui expliquant qu’il faut
décoller vite pour s’échapper vers le Nord où le vent
devrait être beaucoup moins sensible.
10h45, enfin à la porte de l’appareil, les copains sont
déjà en l’air, ils avancent toujours…
Michel, lui est déjà sur Cavillore et prépare sa sortie.

- « Dernier appel pour les passsagers du vol 4087».

Je n’ai jamais fait aussi vite pour m’équiper, 5mn montre
en main !
11h57 :

- « Attachez vos ceintures, nous vous souhaitons un
agréable voyage en notre compagnie ».

Je décolle grâce à Gérard et ses 95kg qui me permettent de
ne me faire arracher du sol seulement de 2 mètres du sol !
Oui, le vent est fort mais j’avance, ça monte de partout et
c’est laminaire.
Je ne cherche pas à enrouler, je transite directement sur
Cavillore. Il faut faire vite, c’est une course contre
Eole. Pas de temps à perdre non plus sur Cavillore ni sur
Caussols, ni sur Cipières.
Gréolières enfin, c’est là que je vais décider si mon
voyage aura une destination…
Des voiles volent sur le Cheiron, deux sont au sommet,
c’est bon signe même si les balises annoncent maintenant
30/50 toujours en S/E.
Je raccroche en dessous du déco, remonte en dynamique
jusqu’au sommet puis travaille un thermique en S pour
atteindre le plafond à 1800m.
Il y a une couche d’inversion très marquée. Je n’ai pas le
temps de prendre de photo, je dois fuir le vent météo par
le N/O au plus vite.
Sur la fréquence, Alain invite à la prudence en se posant
et en invitant tous les pilotes à en faire de même. Je
n’ose pas leur dire de me suivre, je n’engage que moi.
Je transite alors sur la montagne de Thorenc. Je raccroche
facilement vue son orientation. Ce sera ma seule pointe à
60km/h, vent dans le dos et accélérée.
Lorsque j’arrive sur Bleine, je reconnais une aile que je
connais bien pour avoir souvent volé avec, c’est Ing ! Il a
décollé du col.
Juste avant que je ne le rattrape, sur la cime de Bausson,
je prends un beau thermique qui me monte à 2000 et m’ouvre
la porte de sortie vers le NO.
Pas un cum, toujours cette couche d’inversion très marquée
et ça pète de partout.
Je raccroche encore facilement sur les Lattes et continue à
l’Ouest vers le Teillon qui m’est encore inconnu. De plus,
il m’a semblé entendre un pilote s’annoncer sur cette
montagne.
Je reste sur mes gardes car la balise du Lachens ne
débloque pas du 50 et le Teillon n’est tout de même pas
très loin derrière !…
Rien de bien méchant, du météo 15km/h plus de la brise. Du
dynamique bien laminaire et des thermiques bien larges et
réguliers.
C’est une promenade de santé ! en plus, il ne fait même pas
froid.

- « Un petit rafraîchissement ? ».
- « Désolée nous avons oublié les boissons dans la
précipitation ! .

Seuls les plafonds restent à 2000m. Autant vous dire que le
passage du sommet du Teillons ne laisse pas beaucoup de
marge (1893m)…
Je passe donc sous le vent de cette belle montagne
enneigée, vers le lac de Castillo pour viser la montagne de
l’Aups.

- « Veuillez regagner vos places et attacher vos ceintures,
nous risquons de traverser une zone de turbulences.

Je n’avais jamais vu ce coin vu du ciel, le barrage de
Castillo, j’allais prendre une photo lorsque je m’aperçois
que j’ai oublié de l’assurer.
Moi blonde, moi pas jouer, moi le ranger dans son étui.
Que j’ai bien fait d’être prudente ! ! D’un seul coup d’un
seul, je me suis fait expédier au « 8ème ciel » dans du +7
m/s au-dessus de la crête de Rus puis claquée violemment en
sortant à 1800 (sommet du Teillons.
Frontale, crac-boum, moins 70m, réouverture brutale et
tellement sonore que je vérifie si j’ai encore bien toutes
mes suspentes !
Les instruments ont giclé du cockpit, le GPS s’est
déscratché et l’étui de l’appareil photo est sur mes genoux.

- « Nous nous excusons pour ces troubles indépendants
de notre volonté ».

Ouf, rien de perdu, tout va bien, je transite par le col du
Cheiron où je reprends encore de l’altitude ce qui me
permet de faire le nécessaire pour assurer mon Canon et
prendre quelques photos.
Le barrage de Castillon, le Mandarom…
J’entends Michel qui s’annonce posé à St Julien (mauvaise
option) et Hervé qui décolle à St André des Alpes en sud.
Je dois donc poursuivre en Sud, je vais jusqu’à la Crau de
Courchon, je vous l’accorde pas très bien orientée, en
visant le Mouchon.
C’est à Clavourie (Sud du Mouchon) que j’ai dû interrompre
ma transition pour retrouver un peu d’altitude.
On n’est quand même mieux au plafond ! !Je m’interdis donc
de repasser en dessous de la barre des 1500m.
Le thermique me dérive vers les barres de Chaudon, cela
tombe bien, c’est là que je veux aller.
Des copains me disent bonjour sur la fréquence, ils sont à
St Geniez, la balise est SE 10/20.
Comment vais-je aborder cette montagne, en NE ou SO?.
Quelques photos de Moriez, St André, le Chalvet…
Je décide de me présenter par le Sud sur le sommet de St
Martin pour refaire un plein et cheminer ensuite sur la
crête, dans la confluence.

- « Si vous voulez bien regarder par le hublot et
admirer … ».

Ce sont ces instants magiques qui restent gravés dans nos
mémoires de « cross-man » et qui nous motivent…
Un plein avant de quitter Chaudan (2500m) pour le Cousson.
Digne est en vue, mon objectif est presque atteint.
Les volants de Digne me reconnaissent et m’encouragent. Une
aile rouge qui sillonne les Alpes du Sud ne passe pas
inaperçue.
Nouveau plafond avant le Cousson pour transiter tout droit
sur Digne et la Bigue.
Des planeurs enroulent mais j’ai du mal à discerner s’ils
sont en face Ouest ou Est.
Je m’avance tout en continuant à m’enfoncer jusqu’à
atteindre une face SO qui me permet de grimper au sommet de
La Croix
Puis, plus rien à se mettre sous la voile, c’est dommage,
St Geniez n’est pas très loin.
Mon cross se termine, il est 16h, je me dirige vers la
vallée pour poser prés de routes fréquentées.

- « Veuillez regagner vos places et attacher vos
ceintures, nous entamons notre descente sur Le Bès»

C’est en passant sur La Chau qu’un thermique sorti de nulle
part me remonte à 2000.

- « Remise de gaz, nous prolongeons notre vol pour
votre plus grand plaisir».

Je ne pourrai pas traverser vers St Geniez, je suis déjà à
son NE mais le Blayeul ….
Je ne le connais pas lui non plus, allons faire
connaissance.
Je vais passer sur cette Clue impressionnante pour la
photographier.
Et en plus, elle me donne de quoi finir ma transition sans
souci.
Le sommet de Blayeul, enneigé, superbe !
Et maintenant ?
Je dérive un peu au NO, je vais aller vers cette vallée
complètement inconnue et quelque peu austère.
Je passe de l’autre côté puis encore de l’autre.
Hervé a posé face SE du Blayeul.
Ces montagnes m’attirent, elles sont blanches, isolées…
S’y rendre signifie s’engager mais je n’ai rien à craindre,
il est 16h30, pas de brise, du pur thermique doux et
généreux.


Le Moure Bouchard

Je peux aller où je veux, la nature a décidé de m’ouvrir
toutes ses portes. J’en profite et pousse la curiosité
jusqu’à la plus haute remontée mécanique de Selonnet.
Cette fois, il fait sombre, je dois me résigner à poser.
Selonnet me semble un terrain d’atterrissage sur.

- « C’est la fin de notre vol, nous espérons que vous
avez passé un agréable voyage en notre compagnie, à bientôt
sur Royal Air Parapente ».

Il est 17h00 lorsque je retouche terre. Je suis ivre,
saoulée par tant de beauté dans un univers de sérénité et
de calme.
Le voyage en classe « extraordinaire »…
2h30 pour rentrer en stop à Gourdon où j’ai pu, grâce au
logiciel d’Alain, faire rêver les copains avec le tracé
GPS. Merci la technologie !!


Lolo.
meteo