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Les récits de vol : story=223

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Titre du volQuelques instants de vol et de liberté
nomJulien SENZIER
Zone de volIsère, Massif de la Chartreuse
Type de voltriangle plat
Date du vol23/03/2003
distance62.50
Dep38
texteQuelques instants de vol et de liberté

Comme d’hab, ca commence avec un plan à l’arrache pour
rejoindre Lumbin ; je tente ma chance en me positionnant à
l’entrée de la rocade sud et finalement c’est le prèz qui
me récupère vers 10h30. Feu, un ptit arrêt chez Shell et un
peu de com’ à l’attero et on se retrouve à St Hil avec du
people sur la moquette. Super motivé par le vol de la
veille (1ère Dent de Crolles), je m’habille en prévision
d’un voyage en air frais avec possibilité de changement
stratégique de gants et quelques Arlequins in the pocket.
Les conditions ont l’air identiques à la veille avec «
moins de plaf » selon les chasseurs de kilomètres. C’est
pas la tempête au déco alors on se rappelle aux bonnes
vieilles méthodes de gonflage, quelques foulée ‘’pélican’’
et c’est parti…
Ca grouille dans le bocal alors je me grouille de me casser
plus loin avec l’envie de pas faire le parcours part le bas
comme la dernière et première fois, objectif du jour : le
St Eynard AR.
Psychologiquement, je me passe en boucle : ‘’pars pas trop
bas, passes au dessus du relief, ce sera plus facile ‘’
mais ca veut pas le faire, alors sagement je fuis pas vers
l’avant et au bout d’un moment, j’accroche une bulle qui me
mets sur les rails ; j’aime bien les arbres mais pas tous
les jours quand même. Eh là, qui je vois arriver, the
famous Cristof avec son Avax et sa sellette couchée qui
passe comme une fusée tout droit ; attendons de voir ce qui
va lui arriver !
Il raccroche ChateauNardant en restant au relief, feu je
fais pareil (sale copieur ce Julien). Je m’applique avant
le Manival tandis que le Cristof fait encore quasiment tout
droit, il a l’air pressé. Puis c’est au tour de Fabrice de
venir me montrer comment faut faire en me fumant dans le
thermique ; j’avais envie de lui dire « regardes préz,
j’suis pas au radada aujourd’hui, j’ai bien appris ma
leçon. Dans la tête ca va bien car je suis au même endroit
que la veille mais en trois fois moins de temps. Je ne
reverrai plus Fabrice du vol. C’est à mon tour de tracer
sur la crête du St Eynard, le fort étant tout à son bout.
C’est plus facile que la dernière fois et je me retrouve au
dessus de la crête, comme les vrais. Oh, un planeur qui me
passe sous les pieds. J’avance prudemment mais sûrement et
je finis par arriver au bout de la crète ; ah merde j’y
suis. Je tourne l’extrémité du relief mais la vue sur
Grenoble est minable, d’ailleurs avec cette brumes on voit
même pas la ville. Le retour se fait sans un seul virage
avant Manival (en vérité, un ou deux) avec des boulets de
canon à proximité du Fort mais tout mes caissons restent
ouverts. La rapidité du parcours m’étonne, voilà une heure
et demi ou deux heures que je vole et je suis déjà de
retour sur Manival, ça me paraît tout de même étrange mais
je ne me pose pas trop de questions vu les conditions et le
monde en l’air. Ma vraie préoccupation s’appelle prostate,
alors tel un unijambiste dans les chiottes d’un train
corail, je lâche du leste au dessus du Manival. Pour une
raison dont on ne cherchera pas d’explication, je dévie
légèrement sur ma droite et donc vers la vallée perdant
inutilement des mètres précieux. L’office terminé je me
rejette sur les pentes de Château-Nardand ; d’après la
radio locale ya des gars à Chamechaude et à la Dent de
Crolles ; c’est parti pour la Dent avec des thermiques
exactement aux même endroits que samedi ; ya du monde avec
un delta en prime alors je décale vers le fond et je
retrouve mon petit thermique chéri aux dessus du petit
chemin tortueux ; ca monte et de bien belle manière et je
me retrouve au niveau du sommet de la Dent. Pas
d’hésitation, je trace, je stagne un peu devant où il y a
du monde pour essayer de passer au dessus comme il faut
mais ca pousse part le bas alors je m’enfuis sur la dent
d’après en suivant un gaillard qui m’ouvre la route. Un peu
plus loin je passe au dessus et là attention les yeux,
toute la Chartreuse avec son manteau d’hiver et un chapeau
de cumulus pour chacun de ses sommets. Tout ce qui se passe
à partir de maintenant est du bonus pour ce vol qui rejoint
ceux de mes rêves. La suite est assez logique : tout droit
sur cette crête qui se perd dans la brume, des voiles me
rejoignent puis me doublent, je croise des voiles qui sont
déjà sur le retour. Le cirque de St Meme s’affiche,
grandiose avec une voile qui enroule sur le coté ouest. Je
continu et profite d’un peu de calme pour téléphoner aux
potes pour les prévenir que je pourrais pas aller randonner
avec eux. Quelques photos à la volée, histoire de perdre
mon capuchon d’objectif et ça continu. Arrive alors le
moment de choisir entre face Est et face Ouest; la seule
voile que je vois est en train de passer sur les faces
Ouest, alors je suis le mouvement mais la Terre se
rapproche assez vite et je me retrouve sous le relief dans
un endroit inconnu alone in the sky et un peu dans le dark
aussi. Je vire et volte pour finalement continuer vers ce
que je pense être Le Granier, vu qu’il n’y plus rien
derrière. Après avoir douté je retrouve un petit quelques
chose ascendant et je m’y accroche pour remonter sur le
dessus du relief et je finis par transiter sur la face
ouest du Granier avec un cumulus-ascenceur qui m’y attends.
Deux tours et c’est parti pour la Croix puis demi tour,
pour la seconde fois j’ouvre les ballastes ; sans vraiment
m’en rendre compte je me rapproche des cums, j’en profite
pour repasser sur les faces Est et en avant pour le
retour. Je retrouve l’endroit où je me suis fait descendre
la veille mais plus haut. A force d’avancer tpout droit je
me retrouve les lacets dans les branches, quel panard ces
odeurs de résine qui se baladent dans les thermiques. Ca
sent la fin d’après midi avec des thermique tout gentils et
la sensation de glisser quelques mètres au dessus des
arbres. Je sens bien que je viens de faire quelques choses
pas comme d’hab, et oui le bien être me rempli, quelques
petits efforts et je repasse au dessus de la moquette. Ya
plus qu’a finir le vol en pur plaisir, je reprends une
centaines de mètres sur le tremplin delta et je pars en
vallée ; je relâche les commandes et tout mes muscles pour
effleuré cette liberté qu’il nous est parfois donné
d’approcher. Je pose à l’attero delta vers 16 heures. Après
un œil sur la carte, ca fait 60 bornes en 4h30, qui l’eut
cru !
Deux jours plus tard je reviendrais les deux pieds sur
Terre. Merci à tout les voleurs que j’ai croisé en ce
dimanche et en particulier à Fabrice (même si j’aime pas le
répondeur de son portable).
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