Les récits de vol : story=345

FAI Opens in France available for registration

2019-08-18 to 2019-08-23 : Ubaye Paragliding Contest, Saint-Jean de Monclar
  • Ci dessous, la liste de tous les récits de vols triée (par défaut) par date du vol.
  • Tu peux trier la liste par la colonne que tu veux en cliquant sur son titre.
  • Pour acceder à un récit, il suffit de cliquer sur son titre.
, télécharger
Titre du volPLATEAU CAILLOU
nomLaurence VIARD
Zone de vollA REUNION
Type de volDistance avec 2 points de contournement
Date du vol16/11/2003
distance42.60
Dep97
textePLATEAU CAILLOU




Date : le 16 novembre 2003
Distance libre : 43 km
Durée de vol : 03h45
Altitude départ : 900 m
Plafond max : 1500 m
Gain : 600 m
Vario max : +4/-5
Voile : Sigma 5



Me voilà à la Réunion à suivre de plus ou moins prés la
finale de la PWC.
La météo n’est pas aussi bonne qu’espérée en cette période
de l’année (printemps tropical). Plafonds bas et pluies et
vent jouent les troubles fêtes, même si nous volons tous
les jours.
Les locaux connaissent bien leur île et nous emmènent
tantôt au décollage des Colimaçons (Saint Leu), tantôt à
celui de Belmène pour s’abriter du vent de Sud (Saint
Paul). Organisation sans faille ! ou presque.
Samedi soir, remise des prix et ivresse ! Une méga fête
est organisée par nos hôtes à laquelle je ne peux
participer cause : Virus Rhinopharyngien Aigu !
Je me couche donc de bonne heure, avec tout l’arsenal anti
VRA : gargarisme de sperme De Margouillas, cataplasme aux
feuilles de Cannabis, infusion de Rhum Charrette...
Dimanche matin, 10h30, décollage des Colimaçons, MPC et
moi sommes les seuls rescapés de la « rêve-partie » !
Un objectif, deux balises : décollage, Piton Saint Leu (au
Sud), retour sur le déco puis La Rivière des Galets (au
nord) par Plateau Caillou et retour.
Nous avons tous deux une revanche à prendre sur Plateau
Caillou qui nous a déjà déposés par deux fois…
La stratégie ? Voler ensemble pour optimiser nos chances
de réussite contre l’adversité, l’union fait la force
non ? ...
Je décolle en prems sachant pertinemment que MPC ne
tarderait pas à me rattraper. Il s’est tout de même placé
dans les 30 premiers à la PWC !

- « Il va falloir assurer Lolo…. »

Un premier thermique me monte au plafond à environ 1000m,
les conditions semblent excellentes, les meilleurs
rencontrées jusque là !
Le vent de Sud annoncé est marqué sur la mer mais ne nous
gêne pas en l’air. Avec un peu de chance nous aurons le
temps de tourner notre première balise avant lui !
Je mets donc le cap vers le Sud. Première transition,
premier point bas, deuxième transition, deuxième point
bas….
MPC me rattrape en suivant fidèlement ma trace et
récupérant mes thermiques (c’est bien un compétiteur celui
là! ). Et nous voilà enroulant un même thermique sous un
même nuage au-dessus de l’île de la Réunion...
Un contraste de vert et de jaune, un dégradé de bleu
animent le relief entre terre et mer. Des nuances de gris
pour casquette et des Paille-en-queue pour compagnon de
vol.
Le temps de prendre quelques photos et nous partons
ensemble pour Piton Saint Leu.
C’est pour moi le début du calvaire ! Je me fais descendre
à 500m sol où je vais ratisser les kékés dans toutes les
bullettes merdouillettes que je vais rencontrer et ce,
jusqu’à la Grande Ravine !
MPC qui reste collé aux nuages se met en attente et
observe mon merdouillage …
Je suis vexée, j’ai honte ! … Je m’accroche, je ne poserai
pas !
Même les autres ailes tournant sous le déco ne me seront
d’aucune utilité pour me sortir de ce marasme, je dois
chercher ailleurs...
Je me lance donc vers la Grande Ravine pleine d’espoir et
surtout très courageuse car le plancher des vaches est
tout prés...
C’est un +2 à l’entrée de la ravine qui va me permettre de
me hisser jusqu’à 800m où… perdu !
Je profite de ce moment de répit pour enjamber la ravine
en espérant bien retrouver « le » thermique qui a toujours
été là lorsque j’en ai eu besoin !
Il est encore là et c’est dans du +3/+4 que je monte au
ciel me coller aux nuages à 1200m.
J’annonce, un peu fière, à MPC que je suis sortie
d’affaire. Congelé par sa mise en hippodrome à l’ombre des
nuages et terrassé par une envie de « pisser », MPC se
pose sur la plage...
Je me suis senti comme ... abandonnée !
Dans un premier temps, c’est le désespoir de réussir sans
lui qui m’a envahie puis une motivation exacerbée de
réussir pour deux.
A partir de ce moment là, je ne quitte plus les nuages.
Chaque dégueulante me fait appuyer à fond sur
l’accélérateur (c’est un conseil de MPC !) et récupérer
l’ascendance qui se cache derrière pour me recoller au
plafond.

- « Merci MPC, ça marche, je vais y arriver !... »

Plateau Caillou, c’est un immense plateau verdoyant,
cultivé de cannes à sucre et surtout très accueillant des
parapentistes !...Les contrastes y sont nombreux par le
gris du ciel, les vertes forêts, les champs de cannes
ensoleillés et les cris des habitants qui nous remontent
aux oreilles comme pour nous faire partager leur vie
quotidienne.
J’aperçois une aile blanche qui essaie, elle aussi de
passer, un peu plus décalée vers la côte.
Je la double par l’intérieur des terres en prenant soin de
ne pas sortir de l’influence des nuages sinon, c’est la
dépose assurée. En dessous, tout est dans l’ombre…
J’arrive vertical le déco de Belmène, personne. Pas une
aile ni au sol ni dans le ciel, je suis seule et Reine de
l’île pour un jour… J’ai réussi !

- « MPC... J’ai réussi, c’est gagné !!!! »

Personne sur les ondes bien sur ! Mais j’avais tellement
envie de lui crier ma joie, au cas ou…
L’aile blanche me suit à quelques thermiques.
Je poursuis jusqu’à la Rivière des Galets et monte avec
les plafonds jusqu’à 1500m ! Le top !
Arrivée au sommet, je reste béate devant un tel spectacle….
Le cirs=que de Mafate s’ouvre sous mes pieds, enluminé par
les rayons de soleil qui arrivent à percer. La porte vers
un gouffre d’inconnu, à la fois attirant et inquiétant
par tant d’isolement, une jungle exotique sans fin…
Le temps de m’en imprégner et de faire quelques photos
puis, j’entreprends le retour.
Je ne me fais pas trop d’illusion car le vent de Sud à dû
rentrer à l’heure qu’il est. Le passage de Plateau Caillou
va sûrement m’être fatal !
Peu importe, je veux voler encore et encore, je ne me
lasse pas...
Je rejoins l’aile blanche qui n’est autre que la Bonanza
de Michel. Nous allons pouvoir unir nos efforts pour cette
épreuve.
Je me place au-dessus de lui lorsqu’il trouve un
thermique, je serre et... fumée la Bonanza !
Michel se fait descendre. Impuissant, il va rapidement
retrouver le sol après un joli vrac.
Quant à moi, je vais survivre ¼ d’heure de plus pour me
faire à mon tour déposer à la verticale, sur les Hauts de
Saint Gilles. Même l’accélérateur au deuxième barreau n’y
changera rien !
Le vent couche les cannes à sucre et les cocotiers, c’est
la fin de ce fabuleux voyage.
Je n’ai plus qu’à lever le pouce pour parcourir les
quelques kilomètres qui me séparent de Saint Leu où MPC
m’attend. Nous allons finir la journée sur la plage de
sable noir et chaud, admirant les poissons tropicaux, la
tête dans l’eau, puis, le coucher du soleil et son « rayon
vert » exotique, la tête dans les nuages, rêveurs, avec un
soupçon de Dodo (bière locale)...
Un seul regret... Il faut partir demain !

Lolo




meteoVENT DE SUD