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Les récits de vol : story=465

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Titre du volPlaine Attitude
nomMartin MORLET
Zone de volDe Vernon à Saumur
Type de volDistance libre
Date du vol11/04/2005
distance231.00
Dep78
texteDifficile de se faire une idée précise de la météo ce
dimanche... Franck est parti voler malgré le vent fort, pour
ma part j'essaie de travailler tout en jetant un oeil à
toutes les cartes météo, ce qui fait que je ne travaille pas
vraiment. Bref, le soir, nous nous décidons après moult
conversations téléphoniques d'aller voler à Jeufosse le
lendemain. J'en profite pour passer le mot à Olivier
Michielsen et Maxime Bellemin.
La météo est encourageante. Denis Flament lance d’ailleurs
une alerte météo. Vent de nord nord est 10 noeuds au sol, 15
à 20 noeuds du nord est dans les étages supérieurs. La
nébulosité est annoncée relativement importante (jusqu'à
6/8), surtout sur le Perche, mais cela reste globalement
beau et tentant. La dépression est bien placée sur la
Méditerranée, de même que l'anticyclone. Ce dernier laisse
planer le doute avec une pression annoncée à 1028hpa. Peut
être est ce un peu trop.

Lundi matin, nous voilà sur le décollage de Jeufosse, il est
à peine 10h30; on ne sait jamais. Pas de vent et grand
bleu... Etrange! Le bulletin fin achève nos incertitudes
avec un plafond annoncé à 1400m, mais des étalements à
prévoir. En l'espace de 10mn, les conditions s'installent,
passant d'un petit 5 km/h à un bon 25km/h établi! Les
nuelles apparaissent, surtout au nord ouest, déjà parsemé de
cumulus.

L'escadron des cinq Avax RSE s’envole donc, il est aux
alentours de 11h30 - 12h. Là, il nous faudra bien patienter
une heure avant de se décider à partir, les nuelles venant
tout juste de se développer dans notre dérive. Quelle chance
de partir entre amis pour de la distance ! Plus on est de
pilotes, plus on optimise la masse d'air… En ratissant
large, nous parvenons à avancer doucement, mais les
conditions ne sont pas encore installées. Franck fait son
premier point bas. Nous remontons tous difficilement, se
préparant à traverser l'Eure. Franck achève sa remontée,
Julien patiente tandis que Maxime, Olivier et moi nous
jetons derrière les coteaux de l'Eure, où des cumulus
fleurissent. Point bas pour nous trois vers 100m sol, qui
sera finalement fatal à Olivier.
Julien passe au dessus et prend la tête, suivi de Maxime. Je
suis avec Franck. Nous avons une petite dizaine de
kilomètres de retard sur eux. Les conditions s'améliorent,
ça rebondit bien même si les noyaux ne sont pas faciles à
centrer. J'en profite pour enregistrer mon plus gros varios
de la journée, +3.8 integré. Ca se passe bien jusqu'à Dreux
où Franck refait un point très très bas. Je l'observe tout
en pensant que les basses couches, balayés par le vent, sont
vraiment à éviter. Il doit être 14h et le profil de masse
d’air ne s’améliore guère. J'assure donc un minimum, et
prend de l'avance sur Franck. Ce dernier finit par ressortir
in extremis dans un thermique sous le vent... Chapeau!
Ensuite, chacun réussit à prendre son rythme et à se caler
sur les cycles. Maxime cependant, à la poursuite de Julien,
tente de sauter un cycle ce qui lui coûtera de poser. Le
train Julien, ma pomme, Franck s'organise, chacun à son
rythme, chacun séparé d'environ dix kilomètres de l'autre.
Sur Senonches, les rues commencent à se former. Deux rues
s'offrent à la sortie de la forêt du même nom. J'annonce
prendre celle au nord ouest de ma position, plus éloignée
mais apparemment plus active. Julien a pris la même
décision, mais les radios semblent nous jouer des tours.
Franck choisira l'autre option.
Toujours à la poursuite de Julien, la vitesse moyenne sous
cette rue devient hallucinante. Sur les traces, on calculera
48km/h de moyenne pour Franck et 54km/h pour Julien. Peut
être un peu trop vite finalement car la rue finit son cycle,
et Julien pose au km 113. Franck de son côté parvient à
optimiser un peu plus, mais posera au km 130. Quant à moi,
j'essaie de discerner les parties actives parmi les lambris
de cette rue qui nous a si bien servie pour traverser
aisément une partie du Perche. Mais il n’a pas dit son
dernier mot ce Perche, et la masse d'air s'effondre et me
plonge dans un rase motte à 80m/sol. Je survis dans de
petites bulles qui ne montent pas, mais me permettent
d'approcher de ce qui doit être la Ferté Bernard. Ca finit
par s’échauffer lentement sur les parkings des centres
commerciaux... Une buse vient me rendre visite, et comme à
son habitude, me montre le noyau qui me propulsera au
plafond. Soulagement et remerciement à la buse qui part
rejoindre sa compagne.
Cette fois, une nouvelle rue un peu étalée m'amène à passer
au sud est du Mans. Je commence à augmenter sérieusement le
tempo, d'autant que les étalements se confirment.
Deux énormes transitions et deux points bas plus tard,
j'aperçois la Loire. Etrangement, la masse d'air depuis le
Mans a changé, elle est devenue plus homogène. Les
thermiques sont plus espacés, mais il m'a été beaucoup plus
facile de sortir de mes points bas qu'auparavant. Je survole
désormais vergers, pépinières, et autres... terrains d'ULM !
Les reflets de la Loire me font miroiter que la barre des
200km est franchie. Il faut que je réussisse au moins à la
traverser !
Je recommence alors à ralentir le rythme, et lors du dernier
plafond avec vue sur Saumur, je décide de continuer sur mon
axe. C'est peut être là mon erreur car les cumulus restant
au-dessus de moi s'étalent très rapidement, pour me laisser
à l'ombre sans la moindre porte de sortie. Peut être aurait
il fallu que je transite davantage vers le sud pour esquiver
ce piège... En tous cas me voilà un peu bas, vers 200m/sol,
pour traverser la Loire. Je m'accroche à une bulle qui me
permet de rejoindre l’autre rive sereinement, mais disparaît
une fois arrivé. Me voilà face à un bout de forêt, trop bas
pour tenter quoi que ce soit, je dois poser. Je suis entre
Saumur et Gennes, mon objectif est atteint, j'ai passé la
Loire.

Un an jour pour jour après le record de Julien, on a de
nouveau joint la Seine à la Loire. Peut être cette journée
aurait elle pu marquer un nouveau record de plaine, car il
est 18h15 lorsque je pose, km 231. La moyenne de vol doit
avoisiner les 45 km/h, ce qui est caractéristique des
grandes journées en plaine.
Ce fut un grand plaisir de pouvoir voler avec quatre amis,
tous en Avax. Cet esprit d'équipe dans la performance est
bien le reflet de nos vols en plaine. Mais la barre peut
encore monter, si nous parvenons à voler encore ensemble,
dans ces superbes conditions printanières. Le ton est donné,
la plaine va encore frapper fort cette année!
meteo