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Les récits de vol : story=51

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Titre du volDent du Chat - Royans
nomMichel SCHMIT
Zone de volChartreuse - Vercors
Type de volDistance avec 1 point de contournement
Date du vol26/04/2001
distance80.00
Dep73
texteComment j’ai passé pour la première fois la barre des 50 km.

26 Avril. Les semaines qui ont précédé se sont révélées
désastreuses pour le vol libre. Mon copain Philippe, qui a
pris des congés cette semaine, exprès pour voler, a les
dents et les ongles complètement usés, à force de ronger
son frein. Comme ça s’annonce correct (voire prometteur)
aujourd’hui, je cède à son insistance, prends ½ journée de
vacances, et nous voilà partis, 5 volatiles en route vers
la Dent du Chat. C’est ma première expédition là-bas, alors
ils en profitent pour me miner, en me montrant les endroits
craignos, en me racontant leurs sketches, les attaques de
buses parapentivores, et autres joyeusetés.
Ca ne s’arrange pas quand il faut déplier au déco delta de
la Dent (le Col de l’Epine est paraît-il interdit en cette
saison), dans 20 cm de neige bien molle, entre le tremplin
et les arbres, les pieds (presque) au bord d’un à-pic peu
engageant. Il est déjà 15 h passées. Une fois en l’air, ça
va mieux : la pompe est généreuse sur la droite, et nous
monte vite à 1900m. Prudence quand-même, car Philippe, qui
a voulu faire B1 à l’extrémité N de la crête, revient au
radada. Mais il se refait, le bougre ! Et heureusement, car
il aurait sans doute, de rage, lacéré sa Trance, s’il était
allé au tas !
Et voilà le petit train parti : Michel1, Philippe, André,
moi-même (Michel2), et Thierry, qui ferme la marche, n’a
pas de radio, mais connaît le trajet comme sa poche.
Pas trop difficile de suivre la crête vers le S : elle est
balisée de cumulus en formation ou déformation. Je me
laisse même une fois surprendre par les barbules et me
retrouve dans le coton. Vite, les oreilles, car il y avait
tout-à-l’heure un delta en train d’enrouler au-dessus de
moi, et je ne sais pas où il est passé ! Le paysage est
fabuleux, avec la vue sur le lac du Bourget, les massifs
intérieurs et les plaines à l’ouest. Mais il est un peu
difficile de ne pas passer à l’est de la crête, dans la
zône contrôlée de l’aéroport de Chambéry !
Première difficulté : les lignes à HT du Mont Grêle : je
travaille bien la pompe pour m’assurer d’une marge
suffisante, et ça passe à l’aise. Ouf !
Deuxième difficulté : la transition vers la Chartreuse au
niveau des Echelles : elle est longue, je ne pars pas de
très haut car je me fais bien chahuter au Mont Beauvoir, je
passe peut-être trop en plaine sans trouver de thermique
salvateur, bref j’arrive très bas au pied des rochers du
Frou. Je me résigne : il y a des prés confortables pour
poser, nous avons laissé une voiture aux Echelles, donc
malgré tout la vie est belle. J’essaie de gratter la
forêt : peine perdue. J’entame mon approche, sors le train,
réduis les gaz, et là : un bip-bip timide. Bon, si ça veut
zéroter, zérotons : un tour, puis deux, puis trois. André,
qui est arrivé plus haut que moi, au pied de la falaise, y
va de ses encouragements : « regarde comme ça monte :
insiste, on est dans la même pompe, accroche-toi, ça va
marcher ! ». Et le miracle se produit : le bas de la
falaise est dépassé, puis le haut. Le plateau encore
partiellement enneigé de la Ruchère apparaît. Le paysage
est grandiose. Le Grand Som semble à portée de main. Feu
vers le Sud !
C’est un planeur qui m’aidera à faire le plein avant de
transiter au-dessus du Guiers Mort, au niveau de St Laurent
du Pont. Je le vois foncer pleins gaz vers la montagne, et
m’attends à le voir virer au dernier moment sur la tranche
pour ne pas finir en petits morceaux. Eh bien non ! Pas de
virage de dernière minute : la pompe est là, qu’il surfe
pour passer un petit collet derrière lequel il est
puissamment soulevé. Pas d’hésitation, je suis le
mouvement, car si ça marche pour ce gros tas de plastique,
ça marchera aussi pour mon chiffon. Un dernier coup d’œil
au monastère des Chartreux, et me voilà parti vers la
Grande Sure. Là aussi, à la limite des prairies enneigées
sous le sommet, c’est un peu thermo-nucléaire. Cette fois,
je suis au-dessus de deux planeurs. Ce doit être eux qui me
découpent la pompe en tranches avec leurs ailes affûtées,
ce qui expliquerait que je sois autant chahuté !
Partant du niveau du sommet de la Grande Sure, ce n’est
plus un problème d’arriver largement au-dessus Grand Ratz,
surtout en profitant du tuyau de Michel1 : chercher la
pompe à gauche du petit lac, sur les gorges. Pas évident à
priori, mais ça fonctionne, et André et Thierry, qui sont
plus bas que moi, en profitent volontiers. Michel et
Philippe, depuis le début, sont devant et ont déjà transité
sur le Vercors.
L’objectif qui tout à l’heure me paraissait très ambitieux
est à portée : traverser l’Isère, voilà qui est fait.
J’arrive suffisamment haut sur le Bec de l’Echaillon pour
que la montée à la Dent de Moirans ne soit qu’une
formalité, en profitant de la combe à gauche, qui est
complètement à l’ombre, mais bon, ne cherchons pas trop à
comprendre…
Nouvelles lignes HT : j’ai du mal à monter au-dessus du
plateau de Montaud, mais ça passe quand-même avec une marge
suffisante. Et là je suis en terrain connu : c’est notre
terrain de jeu habituel. Je longe les avant-reliefs, poussé
par un léger N, sans pouvoir monter à la crête principale,
jusqu’au niveau de St Gervais, où je peux enfin faire un
bon plein, dans un thermique doux et régulier. De là, pas
de problème pour passer le cirque des Ecouges. Je reprends
suffisamment d’altitude au-dessus de Cognin-les-Gorges
(alors que j’avais annoncé mon intention d’y atterrir),
pour atteindre la verticale de St-Pierre de Chérennes sans
encombre. Deuxième annonce « je me pose » à l’intention
d’André, mais j’entends les dialogues échangés par le
peloton de tête dans le Royans, et ça me décide à
poursuivre.
Enfin, peut-être un peu usé par la longueur du vol, n’ayant
pas trop envie de me mesurer à d’autres lignes HT, et tenté
par des grands champs bien dégagés, je me pose à la sortie
Ouest de Pont-en-Royans. L’examen de la carte me dira plus
tard que j’ai fait juste 80 km.
Quant aux coéquipiers, tout va bien pour eux aussi. Michel1
finit à la nuit tombante à Bouvante-le-Haut : ça doit faire
100 bornes, ça ? – accompagné de Patrick, qui volait en
local à St-Pierre-de-Chérennes en attendant de se joindre à
la meute. Philippe termine à St-Jean-en-Royans, André et
Thierry atterrissent dans la vallée de l’Isère près de St-
Romans.
Je ne vous dis pas à quelle heure on a fini de récupérer
les voitures déposées le long du trajet…
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