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Les récits de vol : story=57

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Titre du volLaragne-Mévouillon
nomPatrick DUVAL
Zone de volLaragne Montéglin, Montagne de Chabre, Col de la Trappe, Mévouillon
Type de volDistance libre
Date du vol29/04/2001
distance24.00
Dep05
texteDimanche 29 avril 2001, nous arrivons vers 10h30 au
décollage de Laragne déjà bien alimenté, la balise donne
20/25 km/h-Sud/Est.
Une heure plus tard, nous sommes une petite dizaine en
l'air, au niveau du décollage, à profiter de l'ascendance
dynamique mêlée de quelques pétards.

Apres une heure et demi de ce manège et quelques mauvais
cycles, nous ne sommes plus que quatres pilotes.
L'activité thermique se renforce et de temps en temps l'un
de nous prend 300 ou 400 mètres au-dessus de la crête.
La balise devient plus généreuse avec 25/30 km/h en moyenne,
toujours Sud/Est.
Le soleil est maintenant bien en face de la montagne de
Chabre et de petits cumulus se forment. Les ascendances sont
plus larges et plus fortes, mais aussi plus turbulentes à
leur approche. Parfois, elles se forment plus bas et passent
alors bien en avant du relief.

JF est le premier a s'engager sur la crête en direction de
l'ouest après avoir fait un bon gain, suivi de près par
Paul. Gégé et moi guettons la prochaine pompe qui nous
donnera suffisamment de gain.
Des deltas sont en train d'être preparés; d'autres voiles
ont pris leur envol, mais une bleue est prise dans le
bosquet au milieu du décollage, où 2 ou 3 personnes
s'affairent.
Gégé est déjà parti lorsque j'arrive à 2000 métres sous un
cumulus un peu en arrière du décollage. La vue est superbe,
des nuages sont en formation un peu partout, grossissants à
vue d'oeil. Je lui emboite le pas. En sortant du thermique,
une partie de ma voile se ferme, et, se regonfle le temps de
contrer à la sellette.

JF et Paul ne sont que deux minuscules points. On les
entends à la radio, apparemment ça brasse.
J'accélère un peu pour essayer de rejoindre Gégé qui est au
niveau de Barret-Le-Haut. A l'entrée d'un thermique ma voile
se transforme (c'est une des propriétés du mou) en une
sorte de chiffon allongé. En 2 secondes tout est rentré dans
l'ordre, et je profite pour quelques tours de l'ascendance,
avant de continuer mon chemin.
Le versant devant Gégé est maintenant à l'ombre d'un cumulus
qui nous sépare, et il semble avoir du mal à se maintenir.
Je m'ecarte du relief pour essayer de croiser ce qui
alimente ce joufflu.
Tout à coup, sa voile semble buter contre quelque chose, le
laissant continuer seul quelques métres, puis liberée elle
le rattrape vivement et le dépasse méme; tout cela alors
qu'ils sont ensemble tirés vers le haut. Quel salut! Mais
pas de fermeture, ça pilote malgré la bousculade.
Gégé amorce alors un large virage avec une vitesse
ascensionnelle impressionnante, du 8 m/s me dira-t-il plus
tard.
Moi, je "zerote", mais je me pose des questions sur ce qui
m'attends.

La radio crachote, JF et Paul sont à Ballon, ils disent
avoir du mal à pénétrer et que ça brasse toujours. JF
décide de se poser tandis que Paul veut tenter le retour.
Gege rentre aussi.

J'arrive en marge du "thermique à Gégé", le cum qui le
coiffe à pris une bonne taille. J'entends le vario prendre
progressivement du plaisir, je reste méfiant, j'évite de
trop m'engager et je surveille le chapeau. Je traverse la
chose sans un virage, avec étonnamment peu de secousses, et
en prenant un bon gain. Je dois la caresser dans le bon
sens!
Peu après, je croise Paul qui vole en milieu de vallée, à
bonne hauteur, droit vers notre point de départ.
En effet pas la peine d'enrouler, tout le versant donne
depuis le fond de vallée, les endroits où le vario indique
des valeurs négatives sont rares et j'enfile la crête
jusqu'à Ballon entre 1600 et 1750 mètres. Les différentes
balises que je capte (Bergies, Laragne,…) donne autour de 40
km/h en moyenne et dix de mieux pour les maximuns. Ca fait
pas mal. Le GPS affiche 40 à 45 km/h, je fais alors
demi-tour et bras haut il donne quand méme 15 à 20 km/h, je
retourne alors à ma route.
JF me dit par la radio que j'avance bien et qu'au sol il y a
des rafales. Hésitant à me poser ici je décide de continuer
et de passer le Col St Jean. Ce que je fais bien en avant du
relief. Puis je survole Aygalayes et prends la direction du
Col de la Trappe où il n'y a pas de nuage.
En arrivant sur le Col je perds pas mal d'altitude et je
vise la petite falaise devant le décollage au delà duquel
j'aperçois quelques véhicules.
Ca brasse pas mal et la voile fait deux frontales coup sur
coup en réouvrant instantanément. Je m'écarte du relief en
inspectant les champs en contrebas car le vario pleure
toujours. J'ai un peu de mal à pénétrer.
C'est alors que je rentre dans une ascendance qui me
catapulte à plus de 5 m/s à 1500 métres d'altitude, tout en
avançant en direction de l'école des Baronnies. Je réalise
alors qu'un cumulus et en train de se former derrière moi.
J'aperçois à droite le petit plateau du Fort et je survole
un corps de ferme. Avancer devient difficile, la balise de
Bergies annonce 40 en moyenne et un peu plus de 50 maxi en
Sud/Est.
Je continue de monter. J'attrape les suspentes exterieures
des A et fait les oreilles, ce qui me maintient à la méme
altitude. Je crois que le moment est venu de me poser.
Voyant que je ne pourrai pas atteindre l'atterrissage du
Fort, je me dégage latéralement de la ferme, en repérant un
champ qui n'a pas l'air cultivé.
L'accélérateur me permet de perdre de l'altitude, tout en
avancant, ça chahute un peu. Je vois l'herbe du pré
en-dessous, comme agitée par des rafales. A 30 métres sol,
je relache l'accélérateur, puis les oreilles pour voir.
J'avance un peu puis je me remets à monter. Il me faudra les
oreilles et l'accélérateur pour arriver jusqu'au sol et … me
poser comme une plume!
Je me retourne aussitôt et affale la voile qui se regonfle
juste avant d'atteindre l'herbe, me propulsant sur le coté.
Le temps d'étendre le bras gauche pour saisir un arriére et
l'effet cerf-volant de traction s'arrête net. Je tiens à
préciser que pour ça aussi, avec la licence, nous sommes
assurés.
Il est 14h30 et je passe un appel par la radio, puis par
portable pour prevenir les amis.
Le temps de plier la voile, rejoindre la route et Bernard
accompagné de Gégé me recupèrent.
Discution sur le vol et les conditions du jour devant un
verre au gîte.
Puis, au décollage de la Trappe où une compétition de
planeurs radioguidés à lieu, nous attendons le reste du
groupe ainsi que de meilleures conditions pour voler, en
vain. Nous verrons passer deux cunimbs venant du Ventoux.

Voilà 24 petits kilométres parcourus entre la derniére
épingle de la route qui monte au décollage de Laragne et la
ferme au pieds du Fort, à l'est.
meteoMétéo 15-20 km/h Sud/Est annoncé. Instabilité basses
couches.
Ascendances dynamique et thermique.