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Les récits de vol : story=80

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Titre du vol117 km en restit’ ; vive l’été et vive la plaine
nomPhilippe SAVINAUD
Zone de volMidi Pyrénée
Type de volDistance libre
Date du vol28/06/2001
distance117.00
Dep46
textePhilippe Savinaud
Décollage : Soult (46)
Atterrissage : Ecole des mines d’Albi (81)
Distance parcourue : 117 km
Durée de vol : 3H58
Date du vol : 28 juin 2001
Voile : Swing Astral
Météo : flux de nord nord-ouest modéré, 1/8 puis
0/8 de cumulus
Vz max. : +5 m/s, Vz mini –5 m/s
alt max : 2050m
117 km en restit’ ; vive l’été et vive la plaine

Aujourd’hui 28 juin, la météo semble favorable pour de
beaux vols, avec un anticyclone s’établissant, et une
tramontane modérée de 70 km/h sur la côte languedocienne.
Ca tombe bien, je sors de trois jours de correction de
copies de bac, et j’ai besoin d’air. Je compte fermement
battre mon record personnel de 29km.Je l’ai réalisé en
avril au départ de Larnagol dans la vallée du Lot. Depuis
ce début de saison prometteur, je n’ai plus réalisé fait
marquant. Plutôt si ! Un atterrissage au sommet d’un arbre
après un vol de 15 minutes, un jour où tout le monde était
abonné à un plouf de 2 minutes. Mais c’est une autre
histoire. Après un Libourne-Martel par la route (200 km,
qu’ils sont loin les sites !), je retrouve Jean-Jacques (J-
J) et Jean-Marie (J-M) au pied du cirque de Floirac ; 138m
de dénivelé sur le bord de la Dordogne.

Un premier vol trop rapide
Le casse-croûte est vite avalé, et nous voilà déjà décollés
à 13h20. Un bon thermique nous monte rapidement, alors que
je ne suis toujours pas bien installé dans ma sellette. Mes
camarades enroulent un peu large et se font taper tout les
deux sur la tête à deux secondes d’intervalle. Trop crispé,
j’attends mon tour qui ne vient pas.
Peut être perturbé par ces secousses, J-J monte moins vite,
et Jean-Marie (notre moniteur de club) lui conseille de
revenir au vent de notre position. J-J trop obéissant
quitte un bon +3m/s pour du 0 m/s. Il devra se poser
quelque km plus loin à l’ancien camp militaire.
Parvenu aux barbules, Jean-Marie fait les oreilles 50 m
plus haut, et part vers le sud dans la dérive (environ 20
km/h). Je l’imite, mais n’ayant pas pris la précaution de
tirer l’accélérateur, la voile part en parachutage en
m’arrachant les suspentes des mains. Cela m’est déjà arrivé
il y a deux ans au ras du sol, je ne suis donc pas surpris,
et cette tendance est connue sur les Astral S. Avec 1500m
sous les pieds, je me contente d’attendre. La remise en vol
est progressive (4 secondes) et légèrement dissymétrique.
Tiens, voilà que je me prends pour un testeur AFNOR ! En
tout cas, me voilà sorti des barbules, je pars donc en
transition à –4m/s vers Jean-Marie qui remonte fort sous le
petit nuage suivant.
Parvenu sous lui, je n’arrive pas à centrer l’ascendance.
Je perds vite patience, et pars en transition beaucoup trop
bas, et dans une zone toute bleue qui va au delà de Gramat.
A –4m/s je suis vite au ras des pâquerettes, et les bulles
hachées qui partent du sol me permettent d’atteindre le
rond-point nord de Gramat. Je n’ose pas continuer comme
cela sur la ville, je dois donc faire une approche
mouvementée et me poser. Distance parcourue : 14km . J-M
continu sa transition et je le vois reprendre du gaz loin
au sud, alors que des cums se forment enfin dans toute
cette zone.
Il n’est que 14h10, la voile est vite pliée, et je tente le
stop pour revenir au déco. Je sèche plus d’une heure et
réfléchis à mes erreurs, avant que J-J, qui a sans doute
un plus joli minois, revienne me chercher en voiture après
avoir rejoint l’attérro.

C’est reparti !
Il est 16h00 lorsque nous sommes à nouveau prêts au déco.
Les journées sont très longues, et nous pouvons encore
faire un beau vol. La base des nuages est montée, et ils se
désagrègent complètement. J-J re-décolle et se maintient
quelques minutes dans le cirque. Au déco, je gonfle et
attends voile sur la tête la bouffe qui m’évitera un plouf.
Deux minutes plus tard, nous enroulons une large ascendance
régulière qui nous monte lentement sous un large nuage
isolé.
Un pilote de chasse tourne quelques tours à bord de son
chalumeau volant, et déboule du nuage devant J-J comme pour
nous rappeler que nous sommes au dessus de la surface
machin-bidule. Je quitte donc le thermique 300m sous les
barbules – qui à dit menteur ? - sans regarder derrière, et
je perds de vue l’électron rouge de J-J. Je le chercherai
sous moi durant plus de 10 minutes en enroulant une faible
ascendance sur le camp militaire avant de le voir
finalement au dessus à 500m vers l’ouest. Je prends
quelques photos de J-J devant la combe de Rocamadour, mais
mon appareil jetable semble ne pas fonctionner. Je pourrai
sans doute le jeter pour de bon.

Zone interdite et point bas
Nous sommes à 1600m, les nuages ont presque complètement
disparus, et la dérive nous mène directement sur le centre
d’étude de Bèdes dont le survol est strictement interdit.
Je prends la décision de passer à l’est et transite dans
du –3m/s. Plus j’avance, et plus le vent me rabat vers la
zone interdite. De plus, n’ayant jamais atteint cet
endroit, je découvre la clôture qui s’étend très largement
vers l’est. Il me faut donc partir en crabe à 250m/sol, et
exploiter au mieux de faibles bulles. Pas fier du tout, je
rogne le coin N-E de 20 ou 30m, et passe à cheval sur la
clôture, devant les fenêtres des bâtiments, avec mes gros
numéros de compétiteurs scotchés tout récemment à
l’occasion de ma première compet’.
Parvenu à la limite sud, je plonge vers l’ouest sous le
vent d’une ferme isolée au milieu de la forêt de chênes du
causse. Je suis si bas que j’entends le chant des oiseaux
(entre 100 et 150m/sol). L’ascendance espérée au dessus des
prés et des hangars bâchés est bien là. Ouf ! C’est même un
fort thermique bien franc ( le seul de tout le vol ) qui me
remonte entre +4m/s et +6m/s jusqu’à 1800m. La pub l’avait
bien dit : Astral, pour tout repeindre du sol au plafond.
J’aperçoit J-J pas très loin et encore plus haut qui est
passé par l’ouest en se laissant tranquillement dériver
avec le vent. Mon choix n’était pas le bon, et cela me
servira de leçon : ne pas quitter les thermiques, et rester
haut. Rien ne presse puisque j’ai fait pipi avant de
décoller ! L’air semble constitué de zones favorables de 1
ou 2 km de large séparées par des zones assez fortement
descendantes encore plus larges. Plonger à –4m/s même en
partant de 1800m est risqué, alors que la dérive de 20 à 25
km/h permet d’avancer sans problème.

Jean-Marie, me voilà !
Adoptant cette tactique, je survole maintenant l’aérodrome
de Livernon. Dans ma dérive, j’aperçoit les gorges du Célé
et au loin la vallée du Lot, et Figeac à l’est .Il est
17h00 et je pense à Martine, notre présidente du club, qui
doit terminer sa classe. Derrière, J-J s’est lancé dans une
transition qui l’a mené rapidement au sol. Il se pose peu
avant le seuil de piste du terrain d’aviation. Laurent,
notre champion du club, qui vient lui aussi de terminer sa
classe ( que des enseignants !!!) et se dirige vers le déco
la voile dans le coffre de la voiture, décide de partir en
récup’.
En radio, Jean-Marie me signale qu’il s’est posé deux
heures plus tôt au déco de Saujac (Cajarc), et qu’il compte
re-décoller du saut de la Mounine à mon passage. Je me
décale donc légèrement vers l’est pour le survoler. En me
maintenant dans une zone favorable, j’atteints l’inversion
à 2050m, matérialisée par une barre horizontale bleu foncé
et des restes de barbules qui font penser à une mer
moutonnée. Le vario est trop faible pour percer, et je ne
verrai pas les Pyrénées comme lors de mon vol en avril.
J’arrive sur le Lot à 1800m, et j’ai du mal à situer le
déco du saut de la Mounine. C’est sans doute ce petit
confetti. En effet, alors que je ne distinguait rien et
personne, un minuscule papillon bleu s’envole et papillonne
devant le déco. C’est J-M. Je l’attends en enroulant
largement, mais je perds régulièrement de l’altitude.
Parvenu à 1400m à la verticale du déco, et ne le voyant pas
sortir du bocal, je décide d’aller chercher un meilleur
vario plus loin au sud. Je le trouve très vite, et en
enroulant à nouveau largement, je vois J-M qui à enfin
trouvé le bouton de l’ascenseur. Laurent rouspète un peu à
la radio et nous annonce qu’il n’ira pas nous chercher à
Pétaouchnoque.

Un vol de mongolfière
Vers 18h00 je dérive vers Villefranche de Rouergue. Je
connaît la zone pour y avoir fait un petit cross de 19 km
au départ de Saujac il y à deux ans. Depuis le passage du
Célé, cela fait une heure maintenant que je me maintient
haut grâce à de large zones ou le vario indique entre –
1m/s et +1m/s, et le plus souvent 0m/s. Ma technique
consiste enrouler ou zigzaguer très largement, et à
resserrer le virage lorsque le vario sonne. Je n’envisage
que rarement une transition, et uniquement lorsque mon
vario indique moins de –3m/s. C’est de la restit’ ,et le
passage sur les forêts le confirme. D’ailleurs, J-M qui me
suit à 1ou 2 km plus à l’est, profite d’une forêt pour
monter plus haut.
J’ai perdu de l’altitude (600m QNH) et j’envisage de me
poser au fond de la vallée de l’Aveyron, puis ça remonte
doucement. Je traverse la vallée et continue à monter. J-M
essaye de me rejoindre en se décalant vers l’ouest, mais il
sort de sa zone favorable et doit se poser sur le plateau
au sud de Villefranche. Laurent m’encourage maintenant à
continuer.
J’ai depuis longtemps enclenché le pilotage automatique, et
profite pleinement du paysage, ayant perdu la notion du
temps. Je longe les gorges de l’Aveyron en m’en éloignant
doucement. Un village perché sur une crête découpée, c’est
Najac. Plus loin, la dérive m’amène à traverser le Viaur en
longeant parallèlement une branche de méandre. C’est peut
être favorable à la restit’, mais si ce n’est pas le cas,
il faudra que j’atterrisse au fond de la vallée boisée,
avec aucun contact radio ou téléphone portable. Les
villages les plus gros n’ont que 4 ou 5 maisons. Je décide
donc de passer plus à l’ouest sur le plateau cultivé, ce
qui m’amènera à traverser le Viaur perpendiculairement donc
rapidement.
Toujours vers 1200m, je continue ma ballade. Je suis même
convaincu d’avoir passé plus d’1/2 heure entre 1130m
et1139m. J’aperçoit deux grandes villes au sud. Je suis en
terrain totalement inconnu de l’air comme du sol, et mes
souvenirs de géo me font penser à Gaillac, Albi, Carmaux,
Grauilhet…En me rapprochant, je découvre une mine à ciel
ouvert ; c’est donc Carmaux. J’ai une vue plongeante sur
cet immense cratère lunaire surgit au milieu de la
campagne. Plus tard, je penserai qu’un passage à la
verticale m’aurait peut être fait bénéficier d’un thermique
issu du contraste entre le versant ensoleillé et celui
ombragé à cet heure-ci. Mais je de débranche pas mon pilote
automatique, et le passage à l’ouest me remonte à 1600m. Je
suis quasiment en finesse sol d’Albi qui semble toucher
Carmaux. Au sud, l’horizon est barré par la Montagne Noire.
Je dérive vers le centre ville et vers l’immense cathédrale
de brique. Je me suis fixé inconsciemment un but, et
maintenant je n’écoute plus le vario. Je descends
doucement. A l’ouest de la ville je reconnais la Z.I. où
j’ai passé un entretien d’embauche il y a plus de 10 ans.
Pas grand chose de posable de ce côté mis à part la piste
de l’aérodrome. De plus, la dérive est légèrement
différente en basse couche. Je passe donc légèrement à
l’est. J’ai la cathédrale à portée de main et d’objectif,
mais j’ai épuisé ma pellicule. A plus de 300 m au dessus de
la rocade, ma finesse sol peut me porter jusque dans les
collines au sud de la ville. Mais je pense à Laurent qui me
retrouvera plus facilement si je me pose sur un stade, ou
dans un champ longeant la rocade. Je choisis finalement un
terrain de rugby au milieu d’une zone de grandes pelouses,
au S-E de l’agglomération. Face au vent, je grille mes 200m
par de larges S et me pose. Il est 20h00, le vol a duré
4h00.

Bravo la récup’
Je suis en fait dans l’enceinte de l’école des mines
d’albi. Il me faudra attendre qu’une voiture sorte pour
pouvoir franchir les barrières automatiques munies de
cameras de vidéosurveillance. Après avoir traversé le
campus désert, je n’attendrai la récup’ qu’1/4 d’heure
pendant lequel je reçois les très agréable félicitations
téléphoniques de Martine déjà mise au courant. Laurent sort
de la vannette excité, le GPS à la main.
« 117 ! t’as posé où ?
- Au fond , là-bas.
_- Loin ? je te préviens, si ta fait plus de 118 km je
repars sans toi. »
Il faut dire que c’est son record personnel établi à peine
deux semaines plus tôt, en direction de Millau. J-Jacques
et J-Marie me félicitent eux aussi, et nous repartons aussi
sec vers Martel. Toujours efficace la récup’ dans ce club !
Nous ne repasserons sur le site de Floirac qu’à 23h30, et
la soirée se finira chez Laurent avec des grillades et du
champagne. Je ne le remercierai jamais assez ; c’est mon
moniteur de club, et après sa journée de travail, renonçant
à son vol du soir, il est parti directement pour pas moins
de 6h30 de route sans aucune pause, et demain il travaille !
En dépliant la carte routière « Midi-Pyrénées » pour tracer
mon vol, ( je l’ai achetée pour assurer les récup’ de
Laurent car elle couvre une zone allant de la vallée de la
Dordogne à la frontière espagnole), j’ai du troquer ma
carte bancaire contre une règle de 50cm, encore trop
courte !
Bien sûr, comme toujours après un vol de distance, on se
dit que l’on pouvait certainement faire mieux . Castres ou
Mazamet ? Et en partant plus tôt ? En tout cas, ça confirme
encore une fois le potentiel de nos sites. Les pilotes
locaux auront certainement la chance de prolonger de tels
parcours.

Pilou

Sans ce penchant pour une personne,
L’être aimé
Sans les ailes que ça vous donne
D’être aimé
On reste au ras des pâquerettes
Au ras des pâquerettes
Alain Souchon








meteoMétéo : flux de nord nord-ouest modéré, 1/8 puis
0/8 de cumulus