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Les récits de vol : story=800

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Titre du volAuron Auron petit patapon
nomLuc ARMANT
Zone de volAlpes du sud
Type de voltriangle FAI
Date du vol11/08/2007
distance193.90
Dep06
texteLa veille, en compilant les prévisions incroyablement bonnes, j’avais ressorti des cartons mes vieux projets de triangle FAI depuis Auron. Au vu de la saison déjà bien avancée, je m’étais fixé comme objectif maximal un Dormillouse-Aup-Pétoumier de 195km, tout juste suffisant pour reprendre deux places en CFD. Je suis arrivé comme un fou au déco à 9h45. Le temps de rencontrer Martin, un pilote venu lui aussi pour tenter sa chance et qui m’as gentiment aidé à étaler ma voile après un premier déco foiré.

10h05 : Décollage puis progression lente face au petit vent de nord-est. Je remonte lentement dans des bulles hésitantes sur les grandes faces sud-est de l’Alpet et de Saint-Dalmas, à la limite de l’impatience, un petit doute subsistant sur les qualités de la journée.

11h28 : Yeaaaarh !
Chevauchant le beau thermique stratosphérique du col de la Bonette, je laisse échapper des cris bestiaux. Toute la tension accumulée depuis ce matin se relâche enfin. Je suis à 3700m sous l’une des premières barbules du secteur et je peux me laisser pousser vers la Séolane. La brise de Barcelonette est encore endormie mais les hauts massifs s’illuminent à perte de vue de magnifiques cumulus blancs éclatants. J’ai en mains les plus belles des cartes pour réussir une bonne partie de vol.

12h00 : J’arrive à la Séolane alors que la fête est déjà bien entamée. Toutes les faces donnent en même temps vers les éclatantes masses nuageuses. Je profite sans demander mon reste pour traverser illico sur la Blanche, avant que les brises d’ouest ne s’énervent. Les faces ouest donnent déjà juste ce qu’il faut pour cheminer à Dormillouse et revenir sous l’Estrop.

13h15 : J’y fais un plafonds confortable à 3300m. Je suis de plus en plus optimiste. La journée ressemble, en plus généreuse, à celle du 16 août 2005 qui m’avait vu échouer sur la fin, dans une stabilité écrasante avant la Colmiane.

13h40 : Rien de bien sérieux jusqu’au col de la Vachière où j’arrive en plein dans un gros cycle poussé par des brises d’ouest. 3300m de plafonds et je retouche le vent d’est d’altitude. Je prends note pour plus tard que le thermique a marqué une petite hésitation caractéristique vers 2800m.

14h00 : Même scénario à Côte Longue où je croise quelques parapentistes venus de Saint-André. 3500m de plafonds et vent de Nord-Est dans le cul. C’est si bon que je me décide pour aller jusqu’à l’Aup. Je me lance donc dans un très longue fléchette de 15km jusqu’au Mouchon, où j’arrive par dessous les crêtes dans une effrayante descendance.

14h30 : Sans avoir eu le temps de paniquer, je remonte jusqu’à 2700m dans un gigantesque et puissant thermique. La convection semble se concentrer sur de rares points stratégiques en aspirant l’air tout autour. Ca tombe bien, le ciel confirme depuis une bonne demi-heure que l’Aup est un de ces points ; j’y accourre.

15h08 : Sur l’Aup, c’est une envolée mémorable dans un secteur ascendant de plusieurs kilomètres carré ! Au plafonds à 3400m, je file sous la conflue vers la crête des Serres, pas encore bien décidé entre remonter vers le Courradour ou prendre une route plus directe vers l’Est. C’est le ciel qui me décide finalement pour un cap sur Annot.

15h30 : tandis que je remonte jusqu’à 3200m dans une colonne turbulente au dessus de la Montagnone, on me réclame pour une décision capitale. Un voyant vert dit : « regarde le beau cumulus au dessus d’Entrevaux, ça doit être très bon là bas et c’est en route directe, tu vas pouvoir encore gagner du temps » tandis qu’un voyant rouge me dit : « méfiance Luc, ces trois bonnes heures de vol à un rythme effrénée ne doivent pas t’enflammer, tu connais la stabilité des basses couches d’Entrevaux. En plus, ce cum, il est en décroissance ». Je me décide un peu tardivement pour le crochet de sécurité vers le Bois du Fa, voyant le soleil commencer à réapparaître sur ses pentes sud-ouest.

15h55 : Deux ou trois minutes de flottement avant de ceuillir le cycle et de me retrouver à 3400m sous le nouveau nuage. Cette fois, je suis serein, j’ai fait le maximum pour réussir le franchissement des reliefs au sud de Valberg. De toutes façon, je n’avais pas vraiment le choix car le massif du Mounier est complètement dans l’ombre depuis longtemps à cause des étalements nuageux qui s’aggravent.

16h45 : Chacun des petits reliefs (Dôme du barrot, tête du Pérail et Lauvet d’Ilonse) a donné suffisamment, leur sommet à plus de 2000m dépassant la couche de stabilité du Var. C’est avec 3000 confortables mètres que je file vers la Colmiane. J’ai une belle vue sur toute la fin du parcours. Le nuage sur le Giraud est magnifique, tout à l’air bon, je ne tiens plus en place. Mais le voyant rouge : « calme, Luc, calme ». L’ombre de la Tinée gagne du terrain vers le Saint-Sauveur.

17h10 : En allant chercher la balise du Pétoumier, une légère angoisse s’empare de moi. Alerte au gaz. Les locaux décollent de Veillos pour un plouf. Les nuages qui paraissaient généreux de loin sont maintenant en pleine déconfiture. Ça vire bien trop vite à la soupe tièdasse et je commence à couler sous les 2000m, altitude clef du secteur. Ça serait trop bête de s’échouer ici, alors que j’ai en poche mes 3 balises.

17h35 : J’ai pu faire lentement un plafonds à 3000, dérivé dans du nord-ouest au dessus du mont Giraud mais l’ombre est en train de recouvrir le Saint Sauveur, ma prochaine destination. Que faire ? temporiser sur le Giraud en attendant que ça se remette au soleil ou partir de suite en espérant attraper des restes de chaleurs avant qu’il ne soit trop tard. Si je ne remonte pas au Saint-Sauveur, je peux tirer une croix sur mes espoirs de bouclage. J’en peux plus, je file.

18h02 : Passé le Mercantour à bonne distance du relief*, un retour partiel et inespéré du soleil au bout de la montagne me permet de remonter jusqu’aux crêtes dans les brises des pentes sud-ouest. 2450m ; aucun thermique ne semble déjà plus pouvoir s’arracher du relief mais j’ai suffisamment d’altitude pour lancer le dernier plané. Je me donne 50% chance de réussite, vu les planés que j’ai déjà fait dans le secteur en fin de journée. Plane ma belle !

Un peu trop excité par l’aboutissement du vol, je gaspille du précieux gaz en essayant des appuis à gauche et à droite de la vallée sans grand succès car les faces ombragées sont froides. Je me décide un peu tard pour le milieu, plein pot trimé à fond et bras rentré dans les fortes brises. Un dernier rase-mottes sous haute tension à près de 80km/h au dessus de la rivière et je m’écrase heureux juste avant le pont, la voile au calme dans les arbustes. Il n’est que 18h20, j’ai bouclé plus rapidement prévu, j’ai tout mon temps pour monter à ma voiture avant la nuit et laisser s’évacuer la tension nerveuse.

*voir mon récit de vol du 16 août 2005 : http://www.ffvl.fr/Competition/Parapente/cfd_pp/carNet/show.php?flyIndice=533
meteomini dorsale sur les Alpes du sud. Air sec. Vent de Nord faible.