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Les récits de vol : story=90

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Titre du volSaint-André les Alpes - Chantelouve
nomChristophe CHAMPETIER
Zone de volAlpes
Type de volDistance avec 1 point de contournement
Date du vol01/08/2001
distance126.00
Dep05
texteAprès une journée excellente la veille, la masse d'air
s'annonce plus stable aujourd'hui, avec du nord prévu en
altitude surtout côté vallée du Rhone.

Je loupe la premiere navette et me ronge un peu les freins
en attendant la suivante et en regardant les cum former bien
haut. Finalement la navette suivante m'amène à 12h30 au deco
sud, où Jack et Nico se replient également, le vent de sud
l'emportera longtemps sur la brise ouest.

Décollage tard, vers 13h. Ca monte moyen, notamment à cause
des couches de stabilité (le sondage est très stable, limite
isotherme entre 1000 et 2000 !).
On s'extrait et avec un vent du sud sensible (10-20 km/h) et
des plafonds à 3000, ca va facile vers Dormillouse.

Itinéraire standard. On perd le sud et rencontre le
nord-ouest à partir de la Blanche.
On arrive à Dormillouse vers 14h30. Après hésitation sur la
suite du vol, je considère que le vent n'est que brise, et
décide de tenter le retour sur Grenoble pour changer. Jack
me suit et Nico fait demi-tour pour tenter le retour par
Allos.

De Dormillouse au Morgon, Jack fait une super transition
dans une confluence.
Au Morgon, ca morgonne : ca tarte, les thermiques font
n'importe quoi. La gueule du relief et du vent est sans
doute un bonne indicateur général de l'état de turbulence du
thermique. Je ne fais pas le plein (hélas) pour éviter
d'enrouler dans ces conditions avec deux planeurs et pars à
2700 environ vers le mont Guillaume. Jack fait le plafond,
mais se fait degueuler sous le vent.

Transition étrange où j'ai l'impression que la voile veut
absolument faire du SIV au-dessus du lac. Ca tape tout le
long.

J'arrive sur un grande zone dégagée dans un bois en pente
sous un petit plateau couvert de mélèzes. Ca monte en
dynamique thermo-boosté, ca y va. 5, 10, 15, 17 km/h en
marche arrière dans les bouffes, ca me rappelle un vol en
compète dans le Queyras pas loin. Jack prendra 700m sans un
virage face à la brise d'ouest. Ca se termine en +7 et vers
2800 (je quitte la zone pour pas trop décaler).

Il y a une belle rue de Cum qui part au nord-ouest et
l'attraper pourrait permettre de passer dans la vallee
d'Orcieres-Merlette (carte IGN obligatoire pour
comprendre...).

En fait l'itineraire "normal" pour passer au nord depuis le
Morgon serait le pic de Chabrières, mais j'avais tenté une
fois, pour poser au pied. Après ce serait le Piolit et les
Richards. En passant par le Mont Guillaume où je pense
que c'est plus facile de raccrocher (la transition est plus
longue mais facilitée par la brise, et le relief semble
mieux orienté face à la brise, mais ca reste à vérifier), la
suite est un peu galère avec des cols à plus de 2700 à
passer !

Du mont Guillaume je tente donc de remonter face au vent la
vallée vers la tête de Lucy. Jack n'y croit pas et part en
direction de Briançon, vent de cul.

S'engager dans cette vallée est assez impressionnant : la
vallee est profonde et encaissée, le relief est assez
chaotique et austère, et surtout la "brise" est
incompréhensible, plein face, elle descend la vallée.
Décidement ce qu'on nous apprend dans les bouquins est
vraiment pipeau... ;-)

Je remonte cette vallée où s'engagent tous les planeurs,
espérant voir la brise s'inverser un jour. Ce ne sera pas le
cas, la "brise" est nord-ouest partout.

Au relief et avec 10-20 km/h de vent de face, j'arrive à
l'angle de la vallée au-dessus des Gourniers (CF IGN 54)
avec un peu d'appréhension, ca tarte bien jusque là. En fait
non, à l'angle il y a un grand champ incliné et le meilleur
thermique du coin. Je remonte rapidement à 3000, mais la rue
de nuage a un peu fondu et se trouve maintenant de l'autre
côté de la vallée (sur la montagne de Gournier). Cette fin
de vallée est impressionnante, avec des crêtes partout entre
2700 et 2900. Je traverse face au vent la vallée pour tenter
de rejoindre un petit cum vers l'aiguille de Chabrier, mais
j'arrive avec appréhension sous la crête, donc a priori sous
le vent. Pourtant ça monte doucement et au niveau de la
crête le thermique se renforce pour monter au
nuage à 3000. C'est gagné je suis du cote de la vallee
d'Orcieres Merlette.
Il reste à en sortir pour rejoindre les richards.

De l'aiguille de Gournier, je file vers le pic d'Autane,
encore face au vent. Ca monte d'ailleurs très bien sous le
vent, mais j'y renonce. Je reste sur l'Autane jusqu'au
niveau des Richards sans chercher à monter (encore assez
haut, ca aide les plafs a 3000), puis bascule sur les
richards.

Un coucou virtuel aux pilotes qui décollent sur ce site, et
ca raccroche très bien sous le Palastre.
Soleil boeuf (ce n'est pas seulement l'état du ciel mais
aussi le nom du sommet suivant...), pointe de Lingustier et
plafond à plus de 3200. Quel plaisir de se trouver là !
Le Cuchon, le Petit Chaillol où ca remonte très paisiblement
(enfin un peu de repos !), même sous le vent. A croire que
la face sud du petit chaillol est bien plus tranquille par
brise de nord que par vent de sud !

Apres les ennuis commencent.
Le ciel au nord est sans nuage et opaque de crasse, juste
quelques petits cum discrets sur le Coiro, le Taillefer ou
sur les hauts sommets de l'Oisans.
Voulant tenter de rejoindre Grenoble je renonce à tenter la
ballade dans les hauts massifs.

J'arrive quand même confiant au Grun de Saint-Maurice, mais
un premier thermiques etrangement teigneux m'accueille en
fin de transition. Apres tout se fera bas et turbulent.
Pilotage impératif toute la fin de vol.
Il faut gratter des petits pétards sous le vent pour passer
de combe en combe. Le plafond n'arrête pas de descendre.

Pour dire l'aérologie bizarre, vers Notre Dame de la
sallette où j'arrive sous la crete, face sud, une fumée 200m
sous la crête monte de 20m puis décale horizontalement plein
sud. Donc je dois etre méchamment sous le vent.
Pourtant en arrivant là je repasse la crête en soaring !

Apres je me jette au Vet, à Entraigues. Ca monte pas plus
haut que 1700.
Je renonce au Coiro, et termine le vol vent de cul dans la
vallée du col d'Ornon et pose à Chantelouve après seulement
5h et demi de vol, mais bien content !

meteorégime de brises